"Frances Ha" notre sortie au Katorza ----------------------------------------- mardi 16 juillet à 19h45



"Frances Ha"
(1h 26min)

Réalisé par Noah Baumbach 2013



Avec Greta Gerwig, Mickey Sumner, Michael Esper

Résumé :
Frances, jeune New-Yorkaise, rêve de devenir chorégraphe. En attendant, elle s’amuse avec sa meilleure amie, danse un peu et s’égare beaucoup.....

NOS COMMENTAIRES SUR LE FILM

Claudine
J'ai A-DO-RE ce film
quelle fraîcheur ! quelle grâce dans les tremblements, les émois,
les errements, les revirements et les élans de l'héroïne, Frances   
bien qu'il s'agisse d'une jeunesse new-yorkaise, contemporaine et privilégiée, chacun-e peut s'identifier à ces amitiés fortes dont la perte peut tellement nous faire souffrir
plusieurs lectures sont possibles et c'est cette relation d'amitié entre les deux jeunes femmes qui m'a paru tellement juste dans ses moments de bonheur exalté comme dans la cruauté ou la trahison ...
quand on prend le risque d'aimer, en amour comme en amitié, on prend en même temps celui de souffrir, d'être trahi, trompé, abandonné ... Frances accepte, protège, pardonne et va jusqu'au bout de son engagement dans cette amitié ; c'est beau

Michèle
J'ai ri, souri et pleuré. Tu as raison Claudine, on peut tous s'identifier à Frances.
J'ai été très touchée par la fin du film qui n'est pas un "happy end" classique. Tout reste ouvert encore. Frances a franchi un grand pas mais il y a tant et tant à expérimenter, voir et construire. Une autre histoire commence pour elle. Son nom de famille tronqué pour glisser dans la lunette de la boîte aux lettres en est l'illustration (je m'autorise cette interprétation). J'ai été très touchée par cet engagement amical envers et contre tout, c'est de l'amour.
Cette fin m'a évoqué celle de "Billy Elliot".
Je ne connais pas ce réalisateur mais il me semble qu'il aime la France et le cinéma français. Il fait référence à Truffaut : " Jules et Jim" pour la période de vie communautaire avec les deux garçons Ben et l'autre dont j'ai oublié le nom. Il y a les " 400 coups " et " domicile conjugal " aussi dans la BO.
J'ai pensé à " Rosetta " des Dardenne pour la ténacité parfois très âpre de Frances. Il a filmé Paris sobrement et quand Frances déambule dans les rues parisiennes et celles de New York, j'avais la trompette de Milles Davis aux oreilles.
Frances se cherche, j'ai pensé à moi , à mes enfants et à d'autres personnes qui me sont chères. Combien de temps avons-nous passé à nous chercher ? Est-ce que nous nous sommes trouvés ? Je n'ai pas la réponse et j'en suis fort aise. Se trouver n'est-ce pas mourir un peu ?

Un petit mot et après je file. Quelle photographie, quel travail plastique ! Ne trouvez-vous pas ? Qu'est-ce que j'aime le noir et blanc !!!  
Renoncer n'est pas une défaite, c'est plutôt une victoire selon moi. Cela permet de s'ouvrir à d'autres horizons, d'autres perspectives. Les champs des possibles sont tellement vastes et variés. Renoncer, c'est accepter d'autres moyens d'investigation sur soi-même.   

Elise
Un film émouvant, tendre, et en même temps léger de part sa forme : J'ai aimé le personnage de Frances : on la sent angoissée part sa situation et en même temps elle n'arrive pas à avancer : comme si elle était restée ados... D'un autre coté, il y a une chaleur qui se dégage de ce film : de part le lien entre Frances et Sophie, mais aussi avec les autres : elle n'est jamais seule : il y a toujours quelqu'un pour lui tendre la main (Ben, la responsable du centre de formation, sa famille...).
Et la musique, gaie, entrainante, elle contribuait à conserver ce coté positif, malgré tout... Elle m'a permis de mieux appréhender cette mélancolie, présente tout au long du film...
Un grand merci à tous pour ce moment ensuite, de joie et de détente : partages de rires et d'émotions...     
  
Alain
Je ne parlerai pas aussi bien que vous de ce film que j'ai aimé. Ca m'éclate de voir comment vous serrez de près son personnage.  Je me rattrape sur ce qu'il m'évoque : l'atmosphère des films de la nouvelle vague.

Le filmage de ce qu'il y a dans son personnage de vacillant, de "pas assuré" - dans les deux sens de la formule ( Frances s’étale par terre) - , qui se cherche à tâtons, me rappelle fortement la mise en scène par John Cassavetes de la fragilité existentielle de jeunes New-yorkais, dans son premier film "Shadows " (1959). Un hymne extraordinaire à la condition humaine de jeunes artistes d'avant garde en dehors de la culture officielle qui se cherchent ; une célébration de la communauté qu'ils forment, de l'amitié, mais aussi de leurs contradictions, et de la violence abrupte des rapports, un hymne à la ville qu'ils traversent et à la musique de jazz qu'évoquait Michèle et qu'ils composent et jouent.

Frances Ha m'évoque aussi la façon dont Godart a de se rapprocher de ses deux acteurs dans "A bout de souffle", (1960), un hymne à l'amour autant que l'exposition de ses difficultés, de la déception, de la trahison.

En commun : la ville, le noir et blanc, la musique, et surtout la mise en scène de l'interrelation, des dialogues incessants. Une différence : Ici le film est centrée sur Frances HA. tandis que le point de vue se diffracte entre les différents personnage dans les films de Cassavetes ou Godart. D'autre part malgré le focus sur les personnage et leurs états d 'âme, dans Shadows et A bout de souffle il y a comme un équilibre entre eux et leur environnement urbain. Alors que dans Frances HA la ville n'est que le décors de fond de son parcours incertain.

Michèle
Je suis entièrement d'accord avec cette analyse, Alain. Je veux dire que tu m'as retiré les lettres du clavier. Ca m'a fait rigoler quand Frances se casse la figure et quand elle dit à Ben que les gens l'appelle " celle qui ignore d'où proviennent ses bleus". ça m'a fait penser à quelqu'un que je connais bien, qui tombe et se cogne. J'ai bien aimé cette phrase à double sens.
Frances a effectivement un comportement d'ado mais aussi d'une adulte qui veut s'assumer et s'affirmer. J'aime sa force et sa détermination ; j'aime qu'elle mente sur sa situation parfois; c'est comme une "pensée magique" enfantine.  J'aime qu'elle soit forte et fragile à la fois et qu'elle se mette à nu, même si l'alcool l'aide à se dévoiler. J'aime qu'elle soit tour à tour enfantine et maternelle. Bref, ses ambivalences me plaisent, vous l'avez compris !  

Patricia
"Modern love" de Bowie en fond, pour quelque chose de pas si moderne que ça... Frances Ha m'a touchée, et m'a rendue un peu triste, la vie n'est pas facile, surtout quand on refuse les compromissions !

Carole
La scène de "Modern love" ressemble étrangement à une course solitaire sur un trottoir dans "Mauvais sang"... La jeune Frances prend enfin son envol à la fin du film, il faut savoir attendre...

Martine
Non Carole, Frances n'attend pas , elle vibre à chaque moment, à chaque émotion, elle avance avec courage, ténacité, dérision, humour, apreté et amour. Elle court, elle tombe, elle se relève avec l'élan de la grâce. Elle est vraiment touchante.

Martine
 "Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre." [Sigmund Freud]

 Martine ici fait référence à ce commentaire de Michèle fait avant la séance : 
Michèle 
Je viens de baguenauder sur Internet pour jeter un oeil sur les critiques au sujet de ce film et je lis la critique de "L'huma" dont je vous écrit un extrait : " une œuvre follement gaie et mélancolique à la fois, dans laquelle le sentiment qui domine est l’impression ou la crainte de passer à côté de la vie.".
Alors je pense à Kundera : " L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et qu'il ne peut ni la comparer à ses vies antérieures, ni la rectifier dans ses vies ultérieures. Nos vies sont une esquisse de rien, une ébauche sans tableau."

Alain 
A partir de la citation de Kundera, en baguenaudant à mon tour sur "le presque rien et le je ne sais quoi" qu'elle m'évoque, je tombe sur ceci : " Mais il reste de ce « presque rien » où l'être s'est amenuisé jusqu'à n'être presque plus rien pour aimer, un « je ne sais quoi » qui traîne dans l'atmosphère, comme un charme, et rien ne sera plus comme avant ". 

Ce qui vaut à l'échelle d'une existence entière à ne pouvoir la comparer à d'autres hypothétiques, puisqu'elle est unique, ne vaut-il pas pour chaque moment unique de cette existence ? Apprivoiser le rien "une esquisse de rien" n'est pas facile. Certains s'y essaient, le confondant avec la privation.  D'autres y parviennent dans le dépit, dans la désillusion ; d'autres dans le décalage avec ce qu'ils avaient prévu, que des circonstances adverses leur imposent. D'autres arrivés à une situation d'asphyxie brisent de façon violente le corset des habitudes dans lesquelles ils s'étaient enfermés, pour ne plus coïncider avec ce qu'ils croyaient être. Cette révélation âpre par moment, c'est le côté désenchanté de la formule de Kundera dans le contexte de la citation plus haut. Si à l'enchantement de la rencontre suit un désenchantement, après celui-ci la vie s'en trouve ré-enchantée d'une autre façon.

Mais par moment cette révélation se produit dans une épreuve non douloureuse. Voici ce qui me vient : la découverte par l'enfant que la petite fille n'a pas le sexe qu'il a. J'ai assisté à cette scène au bord de l'eau. Je n'oublierai jamais le regard stupéfait de l'enfant, comme interdit, scotché, pensif. Comme si un monde s'écroulait et se recomposait. Comme s'il se frottait les yeux pour y croire et pourtant ses yeux étaient ouverts. Pour reprendre une vieille discussion, l'Ouvert de l'humain est là. L'humain c'est ce qui peut décramponner. Ce qui sort de ses bottes, et là chapeau Madame, je reçois de vous une sacrée leçon.

réponse de Alain à Martine plus haut 
Ah c'est le jeu de citations   !!!
pour reprendre la citation de Martine : "Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre." [Sigmund Freud]

Ce qui veut dire que le "rien", est notre centre : c'est bien parce qu'il y a du vide que nous échangeons une chose contre une autre, sans quoi elles ne pourraient pas s'échanger, pas plus que nous ne pourrions parler, un mot succédant à un autre.  Les deux niveaux sont liés l'amour et la langue ( je ne fais aucune allusion à des pratiques buccales pendant lesquelles il est difficile d'échanger des mots ). Disons que :  l'amour est lié au langage et le langage à l'amour : ce qui s'échange. L'union physique de l'enfant et de sa mère étant complémentée et remplacée par la langue... 

Et c'est ainsi que Freud a conceptualisé sa notion de "pulsion de mort" qui a fait scandale ("Au delà du principe de plaisir") .  Il ramène - un peu comme nous le faisons ici - des références à toutes les cultures. Notamment à ce mythe connu des Upanishads que l'homme et la femme étaient au début une seule âme, et que séparés ensuite la plce devenu vide est remplacé par celle du sexe opposé.  ".../.. c'est pourquoi l'espace devenu vide est rempli par femme ". Est-il écrit dans la version française.  Un mythe repris par Platon dans le Banquet.

Lors d'une épreuve orale de  philosophie j'ai fait remarquer à l'examinateur que le texte ne dit pas : c'est pourquoi  l'espace devenu vide est rempli par le sexe opposé. Et que donc c'est d'un point de vue masculin que c'est énoncé. Presbyte il a chaussé ces lunettes, a lu le texte et m'a répondu : "oui mais il aurait pu dire "l'autre sexe". J'ai tenu bon : oui mais il a dit : "la femme" ; Alors il a rechaussé ses lunettes et j'ai de nouveau tenu bon ; et je l'ai vu ainsi, comme dans un film burlesque, chausser et déchausser ses lunettes plusieurs fois.

Que pouvons-nous en tirer après que cette époque et cette épreuve (du féminisme) ait changé ?

Par exemple que la fonction de la "mère" peut occuper l'espace vide (le rien).
Que pour un homme le mot de "femme" est équivalent au mot de "mort".
Mais qu'il en va de même ceci dit pour les femmes, faut pas rêver ! :lol
Nonobstant que les femmes de façon générale n'ont pas le même rapport à la mort que les hommes. Qu'elles se situent plus dans la continuité enveloppante des choses et du discours que dans la rupture et le séquençage des mots.
Que nous avons besoin de rupture et de continuité. Et cela vaut bien entendu pour les deux sexes !! :lol  je dessine à grands traits des tendances !! qui suivant les cas font qu'une femme peut être en réalité plus homme et un homme plus femme.

Mais que cette fonction (du vide) c'est aussi la fonction de l'Autre. En tant qu'il est garant de la parole. Que donc la fonction du vide - dénommé "rien" dans les précédentes citations de Kundera/Michèle et de Freud/Martine) est  partagée sur deux versants : physique et de parole. Ce qui explique à mon avis que les ruptures soient si terribles.

Que c'est cela qui s'échange  : nos caresses étant aussi des mots et nos mots des caresses. Caresse étant  ce qui enveloppe réciproquement.
Au coeur se situe le vide : le retour à la chose primordiale : c'est à dire que dans l’espace ouvert dans ce vide dans ce rien il y a une tendance irréductible compressible à retourner vers l'état fusionnel. Les bouddhistes parlent d'une tristesse fondamentale et incompressible de l'être humain. Contre laquelle on ne peut rien, qu'il faut identifier en tant que telle et accepter ;  et qui n'empêche de vivre joyeux, au contraire.
Ce retour est à la fois le fait du sujet, tout comme celui des espèces vivantes. Sauf que nous sommes, je pense, les seuls jusqu'à preuve du contraire à faire de notre mort la fonction symbolique. Le symbole c'est la mort : la mort le symbole. Nous nous savons mortels par le langage.


Michèle
Alain, l'été te sied !  Martine  et je suis d'accord avec toi, Frances n'attend pas.
Frances l'incasable qui ne veut rien concéder au nom de l'amitié et au nom de son rêve de danseuse, se cogne, se butte; elle s'accroche et provoque ; tout cela plutôt qu'attendre. Mais elle attend toute de même, dans le sens d'espérer. Frances, forte et fragile à la fois, qui tombe et se cogne " la fille qui ne sait pas d'où viennent ses bleus" est puissamment attachante.
Pour continuer le jeu des citations; j'en reste à Kundera qui me hante en ce moment : " Le sens de la vie c'est justement de s'amuser avec la vie", extrait de "Risibles amours". Rien à voir avec Frances ? Mais, mais si, dit la souris ...    

Elise
J'ai un doute sur le fait que Frances s'amuse avec la vie... Euh, ou alors, elle le fait inconsciemment... Parce qu'elle se cogne à la vie, oui, d'accord, mais, en même temps ça l'angoisse, on la sent flippée... Alors... 

Michèle
Elise, tu as raison; Frances ne s'amuse pas avec la vie; elle aimerait bien pourtant. Quand j'ai mis cette citation, je n'étais pas en lien direct avec le personnage, mais plutôt avec la légèreté, le fait de cesser de s'agripper.  Vous n'auriez pas eu envie à un moment, quand elle retrouve Ben, qu'ils soient amoureux tous les deux ? Qu'ils se laissent aller à faire parler leur tendresse réciproque ? J'ai senti une grande tendresse et beaucoup d'amour entre eux. Mais c'est peut-être mon côté fleur bleue qui a toqué à mon esprit à ce moment-là ; je la garde cette fleur... même si ça fait un peu bécasse, j'men fiche !    
Pour en revenir à Frances, cette oscillation qu'il y a entre l'adulte et la gamine est intéressante, touchante. Parler crûment de sexe, picoler à outrance etc. mais aussi jouer à la bagarre, faire la nique aux usages en faisant pipi dans le métro, avoir du mal à quitter ses parents et regarder "papa-maman" longtemps dans les escalators; quitte à tomber ( j'avais la trouille qu'elle tombe) ; provoc et tendresse. Une ado de 27 ans. Purée, comme je me sens ado aussi parfois, souvent     !    

Elise
Oh oui bien sur !!! Si ça peut te rassurer, moi aussi j'avais envie qu'ils soient amoureux... ça me paraissait évident, naturel... Et tant pis pour le coté fleur bleue... Non mais !...    ...

Martine
Moi aussi, moi aussi j'aurais tant aime qu'ils baissent la garde et se fassent du bien. Ils le feront c'est sur. 



La critique parue dans "V.o."

Article ICI et ma réponse ci-dessous

Je suis souvent très consterné par l'unanimité de la critique sur différents films ; il m'arrive après coup de voir que la critique avait raison contre moi, de revoir mon jugement. Il m'arrive aussi d'affirmer que le film peut-être vu sous différents angles et que ma sensibilité n'a pas à être écrasée par 51 critiques. Il m'arrive aussi de croire que j'ai raison seul contre tous  : combien de film la critique n'a telle pas éreinté puis réhabilités des années après s'être plantée dans les choux. Trois possibilités, laquelle cocher pour Frances HA ?

"Frances Ha se la joue à mort" dit l'auteur de Fragil : Cela fait partie de la beauté humaine de se la jouer à mort! en particulier de cet âge où on cherche à mort ses marques parce que ne les ayant pas,  tout en les trouvant en cours de route. Ce film  combien de films le racontent aussi bien que Frances Ha ? vous avez la malchance d'avoir trouvé les votres de marques ! vu la grâce qui en émane. A faire des références littéraires je trouve qu'il incarne la notion d'ange" de Rilke ?! Comme "étrange" sur terre.

La mise en scène de Noé Baumbach n'est pas maniériste, mais à la hauteur des incertitude du personnage, que l'on nous fait partager comme jamais, et se développent au fur et à mesure du récit. C'est parce que les incertitudes déconcertent que la mise en scène parait maniériste.

On trouve facile l'emploi de la musique Modern Love de David Bowie , mais pourquoi ne pas dire la même chose de "California dreamin" dans Chungking Express de Wong kar wai. Et à partir de là dégommer quelque films où  la musique devient un personnage à part entière ?

Il ne faut pas confondre dans Frances Ha les niveaux l'énonciation et de ce qu'elle donne à voir. L'absence ressenti de scénario est un effet de mise en scène particulièrement convaincant : il s'agit en fait l'absence de scénario de la vie de Frances Ha qu'on nous fait partager avec un art consommé de l'écriture. Pas facile de vivre sans scénario, et encore moins avec ! avez-vous vous un scénario de votre propre vie? C'est cela qui m'étonne au fond : ce refus de se laisser interpeller par le sujet, voire dépasser (le sujet ça éclabousse tandis que l'interprétation fait des vagues).
Il ne pas attibuer à la forme ce qui revient au personnage : Frances Ha surjoue, est nombriliste, fumeuse, non pas l’actrice mais son personnage ! Quoi on ne va pas ressortir le paradoxe du comédien!
La superficialité de la vision parisienne de France Ha est étonnante :  elle fait partie de la mise en scène d'une fille qui ne sait plus où errer ! son authenticité est à tâtons englobant sa facticité ; autrement dit elle se cherche.

Approche "gender" du film : J'ai trouvé d'autres références que celles explicite du film aux 400 coups etc.. auxquelles le réalisateur n'a peut-être pas pensé directement, par exemple "Shadows" de Casssavetes et "A bout de souffle" de Godard qui unissent les deux continents à l'aube de la nouvelle vague. Je trouve intéressant de voir comment les genres se croisent : le Godard est un mélodrame masculin tout comme ceux du début de la nouvelle vague française proches en cela du film noir. Puis le mélo s'équilibre devient plus féminin dans les films suivant de la nouvelle vague. Là nous sommes étonnés de voir que dans ses incertitudes Frances en Ha de la testostérone. C'est ce rapport qui nous touche : qu'elle en ait, pas pour de la frime justement. Puisque sa frime est la manifestation d'un compas qui ne cesse de s'agiter au sens de la boussole et des guibolles ! Dommage qu'on n'aille pas dans la critique jusqu'à rentrer dans ce sujet. Bref ! il n'y a pas que des clins d'œil dans ce film mais tout un réseau de voisinages sans lequel le film n'aurait aucun intérêt.

Paroles : relie France Ha à "A bout de souffle" car la parole y est l'objet d'une mise en scène puissante dans les rapport de France Ha à son entourage : bien vu mister Baumbach ! c'est cela la valeur des gros plans etc... ils ne sont pas là ce n'est pas faire beau, esthétique, snob, hype, ou auteur. C'est le centre du film cette répartition entre mouvements du corps, paroles, choix et décisions, les trois dimensions chorales du film. Qu'elle soit une emmerdeuse de première, fait partie des ambiguïtés de son personnage.

Le film montre que nous n'en sortons jamais totalement de l'adolescence. C'est un film du clivage et une belle histoire d'amour : c'est à dire pas simple, en décalage, pas si commune. Le film en faisant preuve de singularité émeut parce qu'il touche cette universelle condition. Vous savez vous ce que c'est vous l'amitié, l'amour ? on croit souvent que nous sommes par nature à parité dans la relation amicale ou amoureuse! c'est faux ! le film montre que la parité est imposée entre ces deux filles par Frances Ha ! c'est la dramaturgie du film. Ce tremblé est l'objet du film, sa grâce. Sa grâce c'est qu'elle s’étale platement dans la rue avec ses pas de deux de gazelle.  Comme si on avait donné un coup de pied à la caméra, ce serait le principe de sa mise en scène.

la fin est ouverte mi-figue mi-raisin comme la vie. Mais vous, vous voudriez le raisin OU la figue ? ou bien le raisin ET la figue mais l'un après l'autre, surtout  pas en même temps sous ce mode ET/OU ?  C'est de cela que cause le film, car il cause beaucoup: de cet "en même temps" qui fait que l'on en a jamais fini et fort heureusement-  avec son adolescence. Elle nous fatigue ?! oui ! elle nous vivifie aussi ! 

La critique presse (excellente) ici

Entretien intéressant avec le réalisateur Noah Baumbach (Télérama)

Inscription 
par retour de mail : ICI
ou téléphone : 02 51 13 67 15

Tarif 
Pour tous 3,6 euros
tarif solidaire : 2 euros
(pour l'encaissement amener de préférence votre monnaie ça va plus vite)


Rendez-vous 
mardi prochain 16 juillet à 19h45 devant le Katorza
3 rue Corneille - près du théâtre Graslin

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