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Image de Hayao Miyazaki


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Prochaines séances


Lundi 22 Janvier à 18h15
Seule sur la plage la nuit de Hong Sang-Soo
Le Concorde

Mercredi 7 février à 19h30
Une femme coréenne de Im Sang-Soo
Maison de quartier Bottière

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Nos commentaires sur les derniers films vus dans les salles de cinéma nantaises : 

- Poetry de Lee Chang dong
The Host de Bong Joon-Ho sortie au Cinématographe
- Everyone Else de Maren Ade sortie au Cinématographe 
- Mr Smith au sénat de Frank Capra au Cinématographe
- Paterson de Jim Jarmush sortie au Katorza
- Béliers de Grímur Hákonarson au Katorza
- A la recherche de Vivian Maier
- Le client de Asghar Farhadi sortie au Katorza
Elle de Paul Verhoeven au Katorza
A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid au Concorde
Mia Madre de Nanni Moretti  au Katorza
L'Institutrice de Nadav Lapid
Une histoire de fou  de Robert Guédiguian au Katorza
Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
Le bouton de nacre de Patricio Guzman au Concorde
Samia de Philippe Faucon au Katorza
Fatima de Philippe Faucon avant première au Katorza

Les commentaires d'Elise :
Limpides et bien sentis sur toute sorte de films dans les salles
Ici sur notre forum



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Les entretiens de notre collègue Dominique Vergnes :
Celui de Hughes Barthes auteur de bédés qui méritent le détour ICI

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- La carte d’accès solidaire au cinéma 

éditée par nous, contractualisée avec les deux cinémas le Katorza et Le Concorde elle permet à tous ceux qui ont des difficultés pécuniaires d'accéder à l'ensemble de leur programmation au tarif de 3,6 euros la séance.  
Conditions : moins de 800 euros de revenu mensuel, (minimas sociaux etc. ) 
Contact : lasagessedelimage@free.fr ou tel 0251136715.
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Notre nouveau forum de discussion sur les films  :
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Les sorties collectives au cinéma
Nous proposons deux sorties par mois,

Le programme des salles nantaises :
Le programme du Katorza 
Le programme du Concorde
Le programme du Cinématographe
Programme du Bonne Garde

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Suggestions : 
 - Vincent nous proposera un programme sur le thème du Hacker,
  (il nous met en appétit sur le Forum)

- David un film sur la thématique de l’arbre et de l’écologie.
 
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AGENDA GLOBAL 2016 de La Sagesse de l'image

"Poésie"

 L’interprétation ca fait des vagues Lacan


A propos de Poetry de Lee chang-Dong


Après le film Poetry qui nous a inspiré le débat. Et après le débat de nouveau le débat dans les coulisses avant de séparer. Le film et nos interprétations continuent de faire leur chemin

Danielle nous envoie la référence à ce bel entretien avec Lee Chang-dong qui confirme nos pistes de lecture nos certitudes et nos incertitudes... 

Danielle : "Oui, oui, on avait bien senti les indices! Merci pour ce beau film qui résonnera encore longtemps en moi!"



Entretien avec Lee Chang-Dong sur le film « Poetry » par Claude Mouchard numéro spécial de la revue « Poésie » consacrée à la poésie coréenne contemporaine Poésie 2012 N° 239 240
(Le texte intégral du numéro en ligne). 


Claude Mouchard : Le titre d’un film, à quel moment du travail cela vient-il ?


Lee Chang-dong : Je pense assez tôt au titre. Curieusement, tant que je n’ai pas le titre, je n’ai pas l’impression que le film va vraiment se faire. Il y a quelques années, dans une petite ville coréenne, une collégienne a été victime d’un viol collectif. Cette affaire m’a longtemps tourmenté, sans que je sache pour autant comment j’allais exprimer mes pensées à travers un film. Au début, j’ai pensé à quelque chose comme So Much Water So Close to Home, la nouvelle de Raymon Carver, mais je craignais que cette construction soit un peu trop banale. Puis un jour, alors que j’étais en train de regarder la télé dans une chambre d’hôtel à Tokyo, le titre, Poetry, m’est venu. Ils passaient une émission probablement destinée à des gens de passage souffrant d’insomnie. On voyait un fleuve tranquille, des oiseaux qui volaient et des pêcheurs qui jetaient des filets, le tout avec une musique de fond qui incitait à la méditation. C’est à moment-là que je me suis dit que le film sur cet événement cruel devait s’appeler si, « poésie ». En même temps que le titre, le personnage principal et l’intrigue me sont venus. Comme par hasard, j’étais accompagné au cours de ce voyage par un poète qui est un ami de longue date. Je lui ai donc fait part de mon idée et il m’a dit que c’était un projet risqué. Il m’a même dit que j’avais pris une grosse tête à cause du – peu de – succès que j’avais remporté dans le passé. Mais paradoxalement, je me sentais de plus en plus sûr de moi en l’écoutant.

C.M. À quel moment avez-vous pensé à cette actrice, Yun Junghee ? Le public coréen la reconnaît-il aussitôt ? Ou est-ce différent selon les générations ?

L.C. Les jeunes de moins de trente ans ne doivent pas bien la connaître. Dans le cinéma coréen, il y a une rupture nette entre les générations. Dès le début, c’est-à-dire dès l’instant où j’ai conçu ce personnage de sexagénaire élevant seule son petit-fils, j’ai pensé à cette actrice. Cette idée s’est installée en moi comme si elle allait de soi. Peu importait le fait qu’elle n’avait pas tourné pendant les quinze dernières années. Son vrai prénom est Mija, comme mon héroïne. Je ne l’avais pas fait exprès, c’était une coïncidence.

C.M. L’Alzheimer : à quel moment vous est venue cette idée ? Au moment où elle rencontre pour la deuxième fois la mère de la fille violée (dans les champs), est-ce qu’elle renonce à lui dire ce qu’elle était chargée de lui dire ? Ou est-ce qu’elle oublie la raison de sa venue ?

L.C. « Alzheimer », le mot m’est venu en même temps que le titre, le personnage de sexagénaire qui élève seule un adolescent et qui écrit un poème pour la première fois de sa vie. Elle apprend à écrire des poèmes et, presque au même moment, commence à oublier des mots. Cette maladie est une allusion très nette à la mort. Celle-ci fait penser aux relations entre ceux qui s’en vont et ceux qui restent.
Quand l’héroïne va dans les champs pour parler à la mère de la victime, elle est fascinée par la beauté de la nature, dans laquelle elle trouve même l’inspiration. Elle en oublie le but de sa visite. C’est probablement lié à sa maladie. L’oubli est une chose terrible ! C’est aussi à cause de son « poème ». Parfois la poésie fait oublier la réalité.

C.M. Le professeur-poète ne dit rien de technique sur la poésie ; il cherche à susciter le désir de poésie dans la vie… Il insiste sur « voir » : il me semble qu’ainsi est dit un rapport entre la poésie et le film, entre le désir de faire un poème et le désir de faire un film.

L.C. C’est tout à fait vrai. « Bien voir », ça concerne autant la poésie que le cinéma. Certains films nous permettent d’avoir un nouveau regard sur le monde. D’autres nous amènent à ne voir que ce que nous avons envie de voir. Il y en a aussi qui empêchent de voir quoi ce que ce soit.


C.M. La poésie est « thématiquement » au centre du film avec l’atelier de poésie et le club de lecture de poèmes. Mais n’est-elle pas partout dans le film par « construction » ? Le film me paraît, plus que ceux que vous avez réalisés jusqu’à présent, fait de rapports qui bougent, et qui relient des instants très durs ou très fragiles. Le film a un caractère « ouvert ».

L.C. J’ai pensé à un film qui ressemblerait à une page sur laquelle est écrit un poème et où subsiste beaucoup de blanc. Ce vide pourra être comblé par les spectateurs. En ce sens, c’est un film « ouvert ».

C.M. Ainsi, vous laissez vides certaines cases qui semblent importantes. Le policier qui participe aux activités poétiques et dit des choses « graveleuses » réapparaît au moment de l’arrestation du petit-fils et la réaction de Mija laisse penser qu’elle savait qu’il allait venir. Doit-on supposer qu’elle a dénoncé le crime de son petit-fils ? Si oui, pourquoi ne l’avez-vous pas montré d’une manière plus évidente ?

L.C. C’est un secret de Mija et aussi du film. C’est au spectateur de déchiffrer ce mystère. Mija n’aurait pas voulu révéler son secret. Il y cependant quelques indices, peut-être suffisants. Quand elle pleure devant le restaurant, l’inspecteur est à ses côtés ; le jour où son petit-fils est arrêté par la police, elle lui a tout à coup acheté une pizza, lui a ordonné de prendre un bain et lui a coupé les ongles des pieds ; elle a fait venir la mère du gamin… Mais je ne voulais pas le montrer de manière trop directe. Je voulais plutôt le suggérer au spectateur à la manière d’une « moralité » du Moyen Âge. Une sorte de jeu dissimulé dans lequel le spectateur est invité à faire un choix moral devant le blanc du film, tout comme l’héroïne. Mais ce jeu est tellement discret que le spectateur peut ne pas en prendre conscience.

C.M. Quand la grand-mère a un rapport sexuel avec le « président », le fait-elle en pensant déjà à l’argent qu’elle pourra lui demander ? On a l’impression que l’idée de lui demander de l’argent ne viendra que plus tard. Est-ce qu’elle a décidé (après réflexion, ou dans une impulsion instantanée) de faire au président ce « cadeau » avant sa mort ?

L.C. Quel sentiment aurait pu amener Mija à faire « cet acte de charité » en faveur de ce vieux machiste ? Avant de s’y résoudre en tout cas, elle a passé un long moment à réfléchir au bord du fleuve où la jeune fille s’était suicidée. Elle était probablement plongée dans des pensées profondes et complexes. Le désir sexuel de garçons immatures ayant entraîné la mort de la jeune fille et celui du vieux qui l’avait suppliée en disant qu’il voulait être un homme pour une dernière fois… Paradoxalement elle décide d’accéder à son souhait. C’était sans doute par pure pitié. Mais plus tard elle salit elle-même son acte en demandant de l’argent au vieux. C’est triste, mais elle n’a pas le choix.

C.M. Des rimes, des échos, des retours… il me semble que le film comporte des échos visuels : les fleurs en particulier, les fleurs rouges… (et les fleurs rouges artificielles chez la femme-médecin). À un moment on voit de la vaisselle sale dans la cuisine de la grand-mère (qui regarde cette vaisselle) ; et plus tard, à l’atelier de poésie, il sera dit que la poésie est même dans de la vaisselle sale. Ou bien c’est le chapeau de la grand-mère qui tombe à l’eau et qui fait penser au suicide de la fille (et à l’image du corps flottant au début du film), mais comme s’il l’allégeait…

L.C. Les fleurs rouges sont liées au sang. Souvent la beauté est liée à la laideur. Des fleurs artificielles sont quelquefois très belles. Le chapeau qui tombe dans l’eau fait penser au suicide de la gamine et fait allusion au destin de Mija.

C.M. La fin du film reste également ouverte. Où est-elle partie après avoir laissé un poème ? On ne le sait pas, on se contente de sentir son absence en écoutant sa voix lisant son poème. S’est-elle suicidée ?

L.C. Là aussi, j’ai voulu laisser au spectateur le soin de remplir la case laissée vide. Même s’il y a aussi des indices. Le cours du fleuve dans la dernière scène fait penser que Mija a fait sien le destin de la jeune fille. Il y a aussi ce qu’elle pense en voyant les abricots tombés par terre.

C.M. La chanson d’Agnès : la voix de la grand-mère devient, fluidement, celle de la fille. Est-ce bien cela ?

L.C. Agnès est le nom de baptême de la jeune fille morte. Mija écrit à sa place l’unique poème qu’elle laisse au monde. Elle parle au nom de cette jeune fille en imaginant ce que cette dernière aurait voulu dire au monde en le quittant. On peut donc dire qu’elles fusionnent à travers ce poème.

C.M. Vous dites que ce film est une interrogation : que signifie la poésie en ce temps où la poésie agonise ? Vous dites aussi que, dans cette question, le mot « poésie » peut-être remplacé par « cinéma ». Votre conception de la poésie est-elle reflétée dans la thèse de ce film ?

L.C. J’avais juste envie de poser la question au spectateur. C’est à lui d’y apporter la réponse. Cependant, il y a une chose que je pense à propos de la poésie : elle chante ce qu’un autre pense et ressent à ma place. Si on me demandait pourquoi je fais des films, je pourrais lui répondre : « Je raconte votre histoire à votre place. »




Alain :
Le réalisateur dit qu'il laisse le spectateur remplir les cases... Et ça m'arrange - encore - même si j'accepte qu'il en soit autrement, que le sort de Mija ne soit pas scellé. C'est une manière de me faire mon histoire, comme pour toi. Une façon de s'y projeter.
Quand on fait de l'analyse de film on s'interdit de pareilles projections. En réalité, l'art forme un triangle :  Il y a le film, son analyste et son interprétant. Penser que l'on puisse enlever un ces côtés est illusoire.  La Sagesse de l'image propose d'investir le film du côté de l'interprétation de son spectateur. Sans elle le film, son art, rigoureusement n'existe pas. L'oeuvre est en attente de sa lecture. L'art est clivé des deux côtés de sa réalisation et de sa perception. L'un des critères de l'épaisseur artistique de ce film se mesure à cette possibilité laissée à notre imagination. Suivre nos lignes éclaire le film même si on s'en éloigne. C'est ce que recommande Roland Barthes dans un article ("Par où commencer") de 1967 dans la revue Poétique, si on veut investir une œuvre.

Oui c'était une belle séance hier soir.
C'est intéressant de voir qu'un sujet qui aurait pu paraître triste au fond nous donne la pêche au final. 
Le fait de le partager, d'y mettre des mots de développer des hypothèses y contribue grandement.
 




the Host de Joon-Ho Bong


En marge du festival des 3 Continents

The host (1h 59min)
de Joon-Ho Bong 2006

Résumé : A Séoul, au bord du fleuve Han, les Park tiennent un petit snack qui permet à Hie-bong, le patriarche, de subvenir aux besoins de sa famille : Kang-du, son fils aîné lymphatique, Nam-joo, sa fille championne malheureuse de tir à l'arc, Nam-il, son fils cadet au chômage, et Hyun-seo, l'adorable fille de Kang-du. Leur quiétude est brusquement balayée le jour où un monstre aquatique, fruit de la pollution des eaux par l'armée américaine, surgit de la rivière et détruit tout sur son passage. Toute la zone est rapidement ravagée. Dans leur fuite, les Park ne peuvent empêcher la bête d'enlever la petite Hyun-seo. Devant l'incapacité des autorités à leur venir en aide, ils décident de sauver la fillette par eux-mêmes...


Mon commentaire après notre sortie au Cinématographe :
Il s'agit d'un conte de Perrault mâtiné d'ironie et d'humour. Ce film depuis son départ on ne peux pas le prendre au premier degré, mais on s'y fait quand même prendre car c'est du très bon cinéma. Son registre principal c'est le grotesque, au sens de l'effort pour exister des personnages qui monte en puissance quand leur environnement familial est déstabilisé. C'est constamment métaphorique sans que l'on sache au justement de quoi c'est la métaphore. Très différent en émotions registres (comédie mélodrame ) avec des arrière plans politiques. Et des références cinématographiques à la périphéries : j'ai pensé à Fellini pour le grotesque, mais aussi à Kubrick avec le savant fou...mais il y en d'autres.. Il y a une réflexion sur l'innocent et le monstre qui me semble profonde. deux sorte de monstres au fond par rapport à la norme en tant que domination économique et politique qui est elle le vrai 3ème monstre. Enfin j'ai pas mal ri.

et mon commentaire avant de l'avoir revu :
"The host" est plus fantasque que fantastique ou d'horreur. Les Sud-coréens régime et histoire oblige, ont un penchant politique certain mais aussi pour la métaphore affirmée. Faudrait voir à la saisir ? et bien je veux accroche toi mon neveu, elle nous glisse entre les doigts comme le principe métonymique du film à la puissance X. Tout nous conduit à la laisser ouverte, elle le reste c'est ça qui est beau. presque de l'art pour l'art qui aurait un motif mais on ne sait lequel à l'instar du secret de l'existence. Le monstre c'est l'archétype du transitionnel, pas qu'une tête de bite, un Rosebud, gentil gentil le chien chien Cerbère et cruel, revers de l'innocence qui ne laisse ni la lune ni l'autre apprivoiser. Du cinéma échelé du milieu de la tempête. Qui je me demande encore pourquoi imprime. C'est aussi le cas avec Snowpiercer et on le verra avec Mother.

Toute La critique ICI (bonne)

----Victoria-----

Belle comédie oui. Merci à Dominique de l'avoir fait découvrir.

Le propos se résume déjà dans le titre et le nom du personnage. 
Bon d'accord elle est paumée la minette, mais elle ne cesse d'assurer et c'est son problème... avec celui d'être hyper entourée. Le ressort comique revient à cette concentration d'entourage qui concerne toute les dimensions - une véritable accumulation, où elle rajoute une nouvelle à l'ensemble des autres comme on enfile des perles presque en s'ennuyant : pro, désirant sexuelle sentimentale, familiale - bon là hum en tant que mère ...et je dirai surtout dimension "femme" c'est là ou peut-être la comédie est intéressante dans ses profondeurs.
Bon en fait le listing des personnages : le psy, l'amie , Sam le nouveau nounou, les sex toys masculins de commande, etc.. ? Ou bien elle est entourée ou bien on lui demande d'entourer. L'avocate en tant que coach est elle-même coachée pour tous ces personnages secondaires.. un personnage féminin de superstar, donc fragile bref la femme que j'ai toujours voulu être. cooll !!! Qui assure jusqu'à la caricature et n'assure plus rien, ce n'est pas nouveau. On le voit dés le départ du film.
Cependant qu'elle se fait couillonner, comme nous.... par ses aspirations, par les circonstances, par les autres ! nous nous y projetons allégrement dans cette folie loufoque ce maelstrom indigeste jusqu'au dégueulis du personnage, le processus de son auto-élimination.
Donne envie de voir le premier film de Triet. Même si la comédie reste bien blanche dans un microcosme de classe moyenne, les incertitudes auto-réflexives et errements du féminin sont toujours intéressantes en dehors même des préjugés de classe, quand on s'aperçoit avec surprise que l'objet (sexuel sentimental professionnel peut être capable d'interlocution, de parole, de rapport bref qu'il y a eho eho quelqu’un en face. Sur ce plan l'ange qui veille aurait pu avoir plus de profondeur (Sam). Si clairement depuis le départ il a des attirances on déplace par petites touches homéopathiques le point de vue sur lui. Mais ce serait un autre film, le mystère de ses motivations profondes étant l'un des ressort de cette comédie, il ne sait pas plus qu'elle dire je t'aime je te désire, etc..

" l'Atelier" (et notre écriture)


Avant-première Au katorza en présence de Laurent Cantet




L’atelier (1h 53min)
de Laurent Cantet

Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach

Résumé : La Ciotat, un été. Antoine suit un atelier d’écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière reconnue. Le travail d’écriture fait resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé et toute une nostalgie qui n'intéresse pas Antoine. Davantage connecté à ce monde actuel, le jeune homme s’oppose rapidement au groupe et à Olivia que sa violence va alarmer autant que séduire.

Nos commentaires
 avant ceux de la presses Yes!
(si vous voulez poster d'autres avis les envoyer sur lasagessedelimage@free.fr )



Dominique :
merci pour le choix de ce film. Il est d'une rare intelligence, à la base à mon avis , une bonne étude sociologique de la France de 2017........la résurgence de valeurs anciennes confrontées à des tentations extrêmes quelles soient religieuses ou politiques, ou même des deux, j'ai beaucoup aimé.
 

Alain  :

Un peu court le débat non ?... quoique plein du film je ne pouvais pas y intervenir.. c'est maintenant que cela me vient comme souvent au cinéma un jour après... par exemple sur al répartition masculin féminin des films de Cantet. On sent que Cantet quoique du côté de l'émancipation peint des personnages féminin dont il limite la puissance. Me marque par exemple la tout dernière image de l'écrivaine, s'asseyant accablée sur son petit bureau au fond de la salle par rapport aux autres tout aussi déconcertés certes - après le beau discours de celui qui se libère (et qu'elle a contribué de façon involontaire à libérer). On assiste à son effondrement du personnage féminin dans son braquage et enlèvement bien sûr mais surtout dans sa fuite en retour sur la colline. Elle n'est pas condamnée par le réalisateur mais sa puissance en prend un sacrée coup. Et on retrouverait sans doute ça dans le film précédent de Cantet aussi bien peut-être que dans le Sud avec Charlotte Rampling . à revoir.
Mais ce qui vaut pour le féminin aut aussi pour le masculin mais de façon séparée généralement La puissance y est contestée. (Ressources humaines, L'emploi du temps).

Ici on pourrait dire cela porte sur les deux : mais comme en chassé croisé. où quand se dégonfle la puissance de l'un se regonfle si je puis dire celle d e l'autre sans que jamais cela ne se rencontre véritablement et c'est ça qui fait le charme de la mise en scène. J'aime, un beau film âpre. On va voir la critique quand il sortira.

Claude :
Pas ressenti Alain ce que tu écris sur le masculin féminin.
Au contraire, elle ne laisse pas courir, elle cherche à le rencontrer, elle l’affronte. A la fois, elle le prend comme il est et entend sa violence, et aussi essaie de le ramener vers du plus social et moins violent. Elle ne joue pas les oies blanches lors de son enlèvement. Bon, elle part un peu en courant, une autre attitude n’est pas réaliste. La peur face à la violence qui n’a pas de sens, la désarçonne malgré sa force.
C’est je trouve le symbole de notre société occidentale, qui affirme rester droite dans ses bottes face à la violence « gratuite » et au terrorisme, mais la peur commence à faire son chemin pourtant.
Oui, je ne comprends pas bien son effondrement à son bureau, alors qu’elle a l’occasion enfin de comprendre. Et pourquoi pas d’être heureuse qu’il ait pu mettre en mot son malaise, et s’en libérer... Encore trop choquée?
Oui, la question (la réponse du réalisateur surtout) aurait été intéressante.
Bon, je ne vais au ciné qu’une ou deux fois par an. A chaque fois, c’est une découverte totale, j’en sors étonnée, surprise, ravie de découvrir un nouveau langage dans des films qui aident à voir et à s’emparer de la complexité de nos vies. Merci merci

Alain :
Nos impressions sont toujours plus complexes que ce qu’on veut bien en retenir dans nos commentaires. Après avoir écrit le mien plus haut je me suis ravisé en voyant que le point d'arrêt sur la puissance vaut aussi bien pour les personnages masculin de  Laurent Cantet (et Campillo son co-scénariste sans doute - il faudrait faire une analyse de genre de "120 battements par mn"). Par exemple le fils autant que le père dans "Ressources humaines" ou bien le faux chercheur médecin expert (de l'affaire Roman) dans "L'Emploi du temps". M’intéresse la façon dont les personnages s'érigent, et s'effondrent : comment ils prennent consistance ou au contraire se délitent, s'effritent... C'est une constante de nos vie d’affronter le néant. Est-ce que ce caractère universel est accepté par toutes tous ?  Je  m'éloigne trop du film et lui fait dire ce qu'il ne dit pas ? N'empêche, la destitution me semble une problématique de Cantet, la difficulté à se tenir droit et d'exister. C'est un cinéaste de la force et la fragilité, de cette surface sensible ou l'on oscille entre le noir et la joie, entre la force et l'effondrement. etc.. surface que nous occupons pleinement nous spectateurs dans ses films étant sans arrêt sur la sellette. Enfin, je trouve qu'il nous dérange.

Everyone else




Everyone else

De Maren Ade

Genre Drame, Romance


2 récompenses à Berlin 2009



Résumé :  Pendant leurs vacances en Sardaigne, Chris et Gitty rencontrent un autre couple qui va remettre en cause leurs certitudes...

 Nos commentaires :


Fred
 Très bonne idée pour mieux connaître la réalisatrice de Toni Erdmann!
          
Elise 
Merci pour cette séance de ciné originale!... La thématique du couple est inépuisable... Ce film est une proposition que chacun interprètera librement à l'aune de son expérience...
Suite à notre after... C'est bien Laurent Lafitte qui jouait le violeur dans "Elle" Et qui joue Antoine Leconte dans "K.O."...
Sinon, j'ai trouvé ce film très riche, très bien interprété, avec deux personnages qui sont aussi "consistant" l'un que l'autre (je parle de Gitti et Chris) mais différemment... Chris est plus dans la retenue mais il exprime malgré tout beaucoup de choses : par exemple la séquence où les deux couples écoutent une chanson dans la pièce de la maman, le lien entre Gitti et Chris est très fort et les regards qu'ils échangent en disent long...Merci pour cette séance, une belle découverte...

Elisa.
film intéressant bien interprété
            
François
 Merci quoi qu'il en soit pour ce film riche d'enseignements et chacun , comme dit Fred , y trouvera sans doute un lin par rapport à ce qu'il vit . Pas toujours cool le Chriss : j'attends les gens en montagne en ce qui me concerne!
              
Alain
 C'est un peu comme "Sarabande" le dernier téléfilm de Bergman, ça n'a l'air de rien et on n'a envie de leur dire au départ " ce sont vos histoires". Puis on finit par rentrer dans l'épaisseur qui se creusent des personnages : garder de la distance vis à vis d'eux les vivre de l'extérieure et sur l'autre bord s'y projeter violemment comme pour ma part quand elle passe par la fenêtre, dans un désir inconscient et justement incompréhensible de le faire.
J'ai adoré quand elle menace avec une lame son hôte retrouvant la charge de provocation du personnage Tony Erdman. J'ai aimé cette femme., été sensible au désarroi de cet homme, ils se cherchent tous deux, lui plus encore qu'elle peut-être. Le fait d'être jeté dans l'existence sans fard et pourtant de s'amuser à se farder.

Claudine
Je suis partagée au sujet de ce film ... j'ai du mal à comprendre le comportement des deux jeunes femmes, celui de la coupeuse de cheveux en quatre, comme celui de la potiche soumise à son mec
le jeune architecte ne semble pas savoir ce qu'il recherche ... mais apparaît lamentablement soumis aux caprices de son copain, l'affreux dominateur ...
je préfère quand même Bergman
 l'after, par ce "soir d'été en ville" ( ) fut un moment délicieux de partages ... 


Les Cahiers du cinéma : " La réussite est si complète que les noms qui viennent aux lèvres sont Bergman et Fassbinder. On porte désormais les plus grands espoirs sur Maren Ade.. Toutes Les critiques du film Ici