Nouveautés


Image de Hayao Miyazaki

AGENDA 2016 ICI

si vous observez des erreurs de dates ou des manques merci de nous avertir ICI

    



Fermeture de l'association du 12 au 28 Août

Prochaines séances

Mercredi  31 Août à 19h30

Ciné-débat : la réappropriation citoyenne 
 Sacrée croissance de Marie-Monique Robin
Maison de quartier Bottière

Samedi 10 septembre de 9h30 à16h30
Le Forum des associations avec La Sagesse de l'image
Place du Cdt Cousteau ... (devant la médiathèque Floresca Guépin)


MARDI 13  septembre à 19h30
Ciné-débat citoyen sur le thème du recyclage
En co-animation avec Nöel Girouard de Récup'Halvêque
et d'autres acteurs de la récupération de la ville de Nantes
Maison de quartier Bottière


Mercredi 21 Septembre à 19h30 

Rentrée cinéma de La Sagesse de l’Image
Maison de quartier Bottière

vendredi 31 Septembre à 13H30
"Au restau on se nourrit d'art contemporain"
Un programme en lien avec une œuvre vidéo du Frac
Restaurant social 


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Information sur une initiative citoyenne que nous soutenons : 
tous les l5 jours  ( 22 Août, 5 et 19 septembre) le lundi à 18h30
Le Mouvement de la Place des Rêves nous invite à Habiter poétiquement La Bottière  
autour de la table et sur la Place.

(Rencontres des habitants et associations pour un centre de quartier convivial et solidaire)

Bienvenue à tous et toutes apporter un petit quelque chose à grignoter
et/ou à boire - et de quoi s'assoir si vous pouvez
Haut du parking de l'ancien centre commercial  
Akord ou La Halle aux chaussures donnent sur la rue de la Bottière
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Nos commentaires sur les derniers films  :
Elle de Paul Verhoeven (sortie au Katorza, mai 2016)
A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid (sortie Concorde)
Mia Madre de Nanni Moretti (sortie au Katorza)
L'Institutrice de Nadav Lapid
Une histoire de fou  de Robert Guédiguian (Sortie au Katorza)
Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman
Le bouton de nacre de Patricio Guzman (sur notre forum)
Samia de Philippe Faucon
Fatima de Philippe Faucon avant première au Katorza

Les commentaires d'Elise :
Limpides et bien sentis sur toute sorte de films dans les salles
Ici sur notre forum



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Les entretiens de notre collègue Dominique Vergnes :
Celui de Hughes Barthes auteur de bédés qui méritent le détour ICI

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- La carte d’accès solidaire au cinéma 

éditée par nous, contractualisée avec les deux cinémas le Katorza et Le Concorde elle permet à tous ceux qui ont des difficultés pécuniaires d'accéder à l'ensemble de leur programmation au tarif de 3,6 euros la séance.  
Conditions : moins de 800 euros de revenu mensuel, (minimas sociaux etc. ) 
Contact : lasagessedelimage@free.fr ou tel 0251136715.
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Notre nouveau forum de discussion sur les films  :
http://sagesseimage.forumactif.org/forum


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Les sorties collectives au cinéma
Nous proposons deux sorties par mois,

Le programme des salles nantaises :
Le programme du Katorza 
Le programme du Concorde
Le programme du Cinématographe
Programme du Bonne Garde

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Suggestions : 
 - Vincent nous proposera un programme sur le thème du Hacker,
  (il nous met en appétit sur le Forum)

- David un film sur la thématique de l’arbre et de l’écologie.
 
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AGENDA GLOBAL de La Sagesse de l'image

"Elle" de Paul Verhoeven



            

Claudine :
 Ce film comporte beaucoup trop de scènes hyper violentes qui ont heurté ma sensibilité ...

Elise :
Un film remarquablement réalisé avec Isabelle Huppert jouant parfaitement son personnage.
Un film dur, violent, oui certes, mais ce qui m'a marquée, c'est le comportement de cette femme envers ses proches : elle est intraitable avec sa mère, son père, son fils, sa meilleure amie...etc... Est-ce du à ce qu'elle vient de vivre ? Où est ce que ça fait partie d'elle depuis l'enfance ? Le film nous donne une partie de réponse...mais... Elle m'a bousculée cette femme, et bouleversée aussi : pour rester forte et debout, est ce que ça implique forcément ce comportement de froideur, d'insensibilité apparente ? Et puis, elle nous parait forte, mais elle est cassée à l'intérieur, brisée par son histoire... Finalement, elle est touchante...
Merci Alain et merci à tous pour le débriefing qui a suivi... De part nos échanges, le groupe est porteur, et pour moi, hier soir c'était important...

Martine 
Elise, je m'autorise une petite incruste j'ai vu ce film dimanche soir et je t'avoue n'avoir été convaincue en aucun point, hormi celui de l'interprétation des acteurs et de la mise en scène. Je l'ai reçu comme un thriller tragico comique ... Oups ! Providence de Resnais, hier soir m'a davantage marquée. Ah les goûts zé les couleuvres.

Alain
 C'est comme ça qu'il faut la prendre, Elle, tragique comique, en suspens et en angoisse.
Ma Loute aussi bien que "Elle" sont noirs misanthropiques, contiennent du conte du mythe des ogres et de la dévoration. J'aime "Ma Loute" pour le plaisir pur sans arrière-plans. Tandis qu 'Elle',  comme je l'aime, est toute investie en métaphores et nous interroge. "Elle" est comme l'envers de "Her". Dégonflage de mythe et de GI Jo, remontant ou interrogeant, l'autre mythe masculin de la femme qui en est le pendant, bandant, du phallus ( super héros, Batman masqué, ou concombre) son envers :  vagin denté prêt à le croquer dans la glace. 
L'avantage d'Elle c'est d'en montrer la père version justement, la réversibilité comme le gant - enlever ou mettre sa cagoule. A défaut de quoi le pouvoir phallocratique ne peut s'exercer - le film le montre de manière bien plus fine que mon délire, en quoi c'est un acte artistique qui se prête au commentaire sans que celui-ci ne puisse sa majesté la circoncire. On notera que ce qui assure le point de réversibilité c'est la parole qu'Elle lui adresse sans animosité et qui le rend impuissant.L'interprétation en est double : respecter ce scotchage, ce lieu où il est comme emmuré, Lui, car ce môme c'est le sien à Lui et pas à elle. A partir de ce respect on peut imaginer qu'il peut la balle la lui renvoyer plutôt qu'à la lui rapporter. Comme un objet précieux, le plus précieux, cette im-puissance au contraire..

Dominique
Elise c'est normal que Isabelle Huppert joue parfaitement son personnage, Philippe Djian l'auteur du roman "Ho" dont est tiré le film, a écrit les dialogues de son personnage en pensant à elle.
 

A peine j'ouvre les yeux



Elise
Je n'arrive pas à me détacher de cette jeune femme... j'y pense encore : quelle intensité dans l'émotion ! Et la manière dont est abordée la relation mère/fille c'est très finement écrit et filmé... Ouah, je reste un peu scotchée ce soir... Il y aurait tant à dire... La jeune actrice est remarquable dans son jeu, et la manière dont sont filmés les corps et leurs interactions... Tout est là pour nous embarquer dans l'émotion de cette situation si complexe...
Merci c'est un film très fort...

Alain
Bien écrit (une série de renversements des situations, des personnages et de leurs rapports). Bonne mise en scène et bien joué. La mère et la fille ont beaucoup de densité (les personnages autant que les actrices). J'ai aimé cette confrontation des deux générations qui au final se complètent (la "dream team" d'une révolution). Mais surtout deux grands moments d'émotion pour moi, quand la fille chante sur une rythmique punk après la traditionnelle (là aussi pont entre passé et avenir) et quand à la fin elle se réfugie dans les bras de sa mère. Puissant de sentir l’énergie de la révolte contenue dans son abattement. Le titre du film devient éloquent sur lequel on peut s'accrocher des sens différents mais tous valables. Content de vous avoir retrouvés et à cette occasion de bien finir l'année.

Martine
Se soumettre ou se démettre ?
Pas facile dans 1 démocratie mais encore + courageux dans un pays fasciste, sous le "doux "régime de Ben Ali à la veille du printemps arabe ?
Film qui laissera chez moi, une empreinte par le sujet abordé, les acteurs et la mise en scène.
Le proposer était une bonne idée. Meilleurs voeux pour 2016.

Alain
Bien reçu merci Martine pour cette mise en perspective avec des mots exacts. Le fascisme qu'on voit dans le film, sa mise en scène est intéressante - de l'avoir quasiment relégué en hors champ, avec cette figure du tortionnaire qui dépasse. Si je me souviens bien on entend son collègue mais on ne le voit pas (dite-moi si je me trompe).
Ce serait intéressant de faire un débat sur la Tunisie actuelle, sa révolution, son devenir. Le prix Nobel de la paix qui été attribué cette année au quartet du "Dialogue national" qui a sauvé la démocratie tunisienne de nouveau en péril en 2013 est largement mérité. Les Tunisiens nous donnent une leçon. Ici aussi il y a des tensions, des forces "progressistes" et "réactionnaires" qui divisent quelquefois les clans les partis et structures. Le débat sur la déchéance de la nationalité en est un exemple.

Hélène :
Leila Bouzid nous embarque vraiment et nous "donne envie de la suivre" aussi bien lorsqu'elle filme une scène de torture révoltante tournée la nuit avec une lumière glauque qui éclaire principalement le visage de Farah (ses tortionnaires sont de dos ,de trois quarts ou hors champs) que lorsque sa caméra, amoureuse des corps et des visages baignant dans le soleil , s'en approche jusqu'à donner l'impression de les caresser. Il est vrai qu'ils sont jeunes, beaux et "donnent envie de vivre" .
Mais il est intéressant que la réalisatrice ne se contente pas d'opposer la splendeur des jeunes visages rayonnants à la noirceur de silhouettes inquiétantes et donne de l'épaisseur à ses personnages principaux. Non seulement à la mère de Farah qui véritablement terrorisée au début du film abrite et encourage le chant de sa fille dans la scène finale (magnifique) mais également à Bahrène qui s'avère être un personnage plus complexe qu'il n'y parait d'abord : lui non plus n'est pas d'un seul bloc et lui aussi finit par trahir (Farah) comme il a été trahi par Ali.
Bref, un film dont on sort à la fois grandi et plus humble.

Alain :
En effet c'est intéressant les retournements des personnages au final . Et du coup c'est elle qui s’émancipe, s’affirme en laissant son ancien compagnon. Faut savoir ce que tu coco! Magnifique ligne de fuite. Fragile mais souveraine. Ce qui dresse de l'ambiance d'une dictature un paysage complexe où le politique croise le familial et les liens intimes. C'est la vertu du film ?

Revoir La prisonnière



A une amie qui à déjà vu le film


 un film ça se revoit !!! Ce film était le préféré d'un professeur des écoles, l’avait vu plusieurs fois, croyait le connaître par cœur, pourtant il l'a reconsidéré suite à mon intervention dans sa classe. Cela m'arrive encore de changer de regard sur un film pourtant vu et revu, travaillé au corps. Quand le film fait art.

Même les gamins parfois parviennent à déplacer mon regard par leurs remarques, leur sensibilité leurs erreurs d'interprétation ou contraire leur justesse de regard. L'enjeu c'est que cela fasse débat entre nous, que nous "épaississions le signifiant du film " de nos interprétations. Des réalisateurs comme Bertrand Blier disent : La soif du mal de Orson Welles je le revois plusieurs fois dans l'année, c'est un besoin, quand je vais mal par exemple....

J'ai fait une projection particulière en amont d'une séance au restaurant social sur "La rivière sans retour" avec Marylyn Monroe, qu'une de mes invitées a démonté le film, une autre allait dans le sens contraire mais je me suis dit quelle l'idée de proposer ce film ?!.. En le projetant au restaurant social nous l'avons vu autrement. Une très bonne séance où les gens sont beaucoup mieux rentrés dans le film, ont mieux rendu justice à ses significations. Comme quoi l’intelligence du film n'est pas forcément du côté de ceux auxquels on s'attend. Des exemples comme ça il y en a beaucoup.

Oui il y a de très bons films dans les westerns. L’appât d'Antony Mann en fait partie, que nous ne passeront pas à Bottière pour les raisons que tu invoques : c'est que ce n'est pas le genre de ces dames ! Comme quoi les stéréotypes sont bien partagés - et j'y succombe aussi - tu connais ma théorie à ce sujet. Nous verrons en suivant au restau mi janvier My sweet Pepperland, un western moderne, déjà vu en sortie collective au Katorza,

Pour finir certains critiques disent  que le film de Bidegain ne serait pas hélas pas à la hauteur de La prisonnière du désert, l'une de ses inspirations. Possible que j'aille m'en faire une idée, il y a des films éreintés que nous aimons bien. Et il est arrivé bien souvent que la critique ait revu sa copie plusieurs années après. Revoir un film est toujours productif y compris pour les journalistes de la presse spécialisée.
Alain

Lecture du film par Jean Douchet 

Humour noir et cynisme dans la mise en scène d'un spot de sécurité routière





Je n'aime pas ce spot il est violent mais l'envie de me coltiner la chose et la faire partager peut-être pour s'interroger sur ce phénomène étrange : c'est que tout ce qu'on relaie sur ce réseau et sur Internet de façon générale en revient affirmé exhaussé. Si on relaie la face ou les mots de ceux que je ne nommerai pas cela leur fait de la publicité (au sens où cela les rend davantage et un peu plus public (même ennemy). Je déteste déjà l'allure de ce type ci-dessus. Mais il faut savoir détourner les messages

1- Qu'est-ce qui différencie l'humour noir du cynisme  ?
Dans quelle catégorie peut-on ranger ce spot ? Il est simultanément très noir Et cynique, il y a deux composantes. On a raison de s'interroger. Définition : le cynique est celui qui fait preuve d’indifférence, qui dit que la vie ou la mort c'est pareil, mais qui reste à l'extérieur, l’événement dans une position facile. Le contraire au fond de la compassion. Le narrateur dans le spot a cette position, c'est un personnage, un rôle. Le spot emprunte le code Tarantino si on veut - la musique semble aller dans ce sens.  Encore qu'il faudrait étudier les différences d'humour noir au cinéma. Chez Tarantino tout comme chez Scorcese, chez les Coen de façon différente il s'agit de dérision selon moi pour la bonne cause. On retrouve chez les belges une démarche identique dans une tonalité différente, question de culture.
le cynisme est devenu un code de notre culture. Je ne sais pas quoi en penser ?  La question porte sur notre rapport à la pulsion de mort - la façon dont on la tient à distance, la façon dont la vie peut trouver à s'y alimenter à l'inverse de façon gaie ou même joyeuse - mais là c'est particulièrement grinçant et insupportable au sens où à la fin cela ne se résout mal. 

2- Ce qui nous agite dans l'affaire ce n'est pas la violence de l’événement c'est que le spot lui-même est violent. Il joue sur deux genres en principe distincts : le registre informationnel et le registre fiction, on mélange et c'est discutable.

3- Psychologie et mise en scène, La photo met en exergue les témoins et leur réactions. Plus que la victime au final qui sort du champ : effet de cynisme) . Ces témoins sont les représentants affectifs du spectateur. Ce sont eux qui développent notre émotion et la charge d'angoisse que nous ressentons au final.C'est classique comme procédé qui repose sur notre construction psychique. Quand un enfant tombe il est autant affecté par l'angoisse que son parent projette sur lui que par la douleur. L'enfant de fait PORTE l'angoisse de son parent, celle-ci se transmet sans médiation, Car la réalité de l'enfant repose justement sur son parent, c'est lui qui lui sert de contact avec le monde et même le réel. Nous sommes par essence dans le regard de l'autre et dans son histoire. L'émancipation consiste à s'en délivrer progressivement. Ici dans ce spot, nous sommes en tant spectateur placé dans cette situation d'infantile. On pourrait sans doute ajouter : que nous sommes des deux côtés, c'est ça la topologie de l'angoisse, le fait qu'elle passe à travers les identités. (On appelle ça l'empathie). Mais l’angoisse que je projette est forcément celle que j'ai eu au contact de l'angoisse de l'autre.

4 - l'efficacité du message. Et bien oui c'est efficace car ça fait peur.

5- Morale : La responsabilité est mise du côté du piéton mais de fait elle st partagée. En effet même en respectant le code, nous avons en tant que conducteur une responsabilité. Je suis en pétard quand je vois des piétons traverser la chaussée en parlant dans leur portable.

6- Principe de réalité : L'un de mes grandes tantes a été écrasé en pleine ville par un poids lourd. Je me souviens encore de l'effet que ça m'a fait de l'apprendre par un copain qui en était le témoin. Aussi bien d'apprendre par les médias à la télé du café restau d'un petit village, la mort de Roland Barthes renversé par une camionnette en plein Paris. 
7-Violence. Pourquoi en avons-nous besoin ?
Suite à un viol, une amie que j'ai accompagnée m'a signifié que non elle ne s'est pas faite violée. Elle a été violée. Dans le spot le jeune homme SE FAIT renverser. Il n'a pas été renversé.