Kaurismaki et Dominique A lundi 13 mai à 19H25 au Katorza


CARTE BLANCHE à DOMINIQUE A. (en sa présence)
le Lundi 13 mai à 19h25 au Katorza.

" Dominique A nous fait le plaisir de venir présenter deux films qui lui tiennent à cœur"
  (Le Katorza de Nantes)

- Notre amnésie   de Siegrid Alnoy 2000
- Au loin s'en vont les nuage (1h36) de Aki Kaurismaki 1996

AU LOIN S'EN VONT LES NUAGES
de Aki Kaurismaki
avec Kari Vaananen, Kati Outinen
 Durée : 1h36 en VO

Résumé : Un couple, leur chien, les nuages…le chômage.  Tout perdre ? Sauf l'espoir. Aki Kaurimsaki livre un de ses plus beau films sur l'amitié, l'amour, la solidarité et la dignité.




COMMENTAIRES APRES LA SORTIE
René :
J'ai trouvé le court-métrage sans le moindre intérêt, mais j'ai apprécié le film de Kaurismäki : bien senti, très bien joué, avec un bon tempo, et une happy end faisant sortir de sa noirceur. Merci pour cette découverte.

Alain
On est un peu d'accord. Pour le court il m'a lassé. Mais circonstances atténuantes que de constater qu'une fois de plus on a différé le projet de loi sur la participation des étrangers aux élections locales.
Quant à Kaurismaki, on ne boudera pas son plaisir en proposant de voir ou revoir "Le Havre", d'ici 15 jours. Dans la lignée de celui de ce soir peut-être en mieux (selon les goûts). Où le noir est peut-être plus dense et la lumière encore plus franche. Bref un bon mélo. Les couleurs étaient aussi franches que celles de Douglas Sirk.
Avec Sirk, l'autre réalisateur à manipuler les couleurs franches et le mélodrame c'est Almodovar, une internationale du mélodrame à laquelle il conviendrait d’ajouter aussi bien Guédiguian que dans le passé Fassbinder. Le mélo est travaillé par le lien entre présent et passé- et par contre coup pose la question sous-jacente du monde qui vient, qui arrive. La communauté me semble être le centre de gravité de tous ces auteurs, communauté qui se décompose puis se recompose, qui résiste. La communauté des compagnons ou des amis, Walt Whitman dirait des camarades.

Mais Flaherty dans un autre genre - documentaire - agite lui aussi cette thématique en inscrivant la communauté non plus dans la ville, comme chez les réalisateurs du mélodrame qui sont des cosmopolites, mais au coeur de la nature. Non que le mélo n'y soit plus de mise, au contraire il y a une dramatisation extraordinaire de la situation et des sentiments que l'on éprouve - mais le recours à la nature comme fond sur lequel la communauté crée un cosmos, et va dans un double sens : à la fois la peinture d'un monde perdu, celui des cultures autochtones, des peuples primitifs, et à la fois le tableau précurseur de ce que serait un peuple à venir, comme un souhait, un désir profond, une espérance. Et on voit ça chez Jeff Nichols aussi bien dans "Mud sur les rives du Mississippi" que dans "Take Shelter". De même le crépuscule a deux sens dans le dictionnaire : celui du soir et celui du matin. Et à peindre celui du soir on voit poindre l'aube du lendemain.

PS : exception :"Breaking the waves" mélo total de lars von Trier ou le cosmopolitisme le dispute aux éléments naturels.

Claudine
Merci de pour nous avoir donné l'occasion de découvrir ce très bel opus de Kaurismaki ; ainsi, pour moi, j'aurais vu tous ses films dits "notoires" et je ne ferais, certes, aucun classement préférentiel car je les ai tous beaucoup appréciés        
j'ai, plusieurs fois au cours de la séance, pensé à "Léningrad cow-boys" tant par le traitement des images, le choix des prises de vue que par le côté insolite, loufoque des actions ou réactions des personnages... rien de surprenant puisqu'en fait ce film a également été imaginé et créé par le même cinéaste finlandais.
Dominique A -que j'avais été entendre au Lieu Unique voici quelques mois- est toujours aussi touchant par sa sincérité et son univers poétique et crépusculaire qu'il aime à faire partager ... "vers les lueurs" !     

Alain
Peu importe au fond que le premier film ait été moyen, dés lors qu'il a été accompagné des paroles de celui qui l'apprécie. Je ne connaissais pas bien Dominique A mais cela m'a donné envie d'écouter ses mots. J'ai trouvé intéressant ce principe du "coup de coeur". C'est aussi ce que nous proposons tous les 15 jours à la maison de quartier Bottière. Ce mercredi je vais me faire un plaisir de vous présenter "Louisiana story" et Robert Flaherty. Et si cela dit à quelqu'un de présenter ensuite un autre film, vous pouvez nous en parler.

Michèle
Je ramène quand même un bout de ma fraise pour dire que je suis toujours touchée par le fait que le réalisateur nous montre l'image de la dignité du "peuple" face à l'adversité. Je garderai en mémoire le plaisir de Serge de dialoguer avec Dominique A et les commentaires du voisin de Alain qui vivait le film

Alain 
De la dignité profonde chez Kaurismäki ? pas un plan où elle n'y soit ! ; la lenteur, la longueur des plans qu'évoquait si bien Dominique A. hier soir, c'est cette captation de la dignité. Qui disait hier (Michèle peut-être?) que Kati Outinen pouvait aussi bien apparaître très belle que beaucoup moins dans le film ?!. La dignité est une expression de la beauté jusque dans l'imperfection, l'intimité.
Tout cinéma un peu universel fait remonter non pas le général mais la singularité. Celle des acteurs en premier lieu. Alors que dans sa mise en scène, Kaurismäki ne laisse aucune latitude aux acteurs, paradoxalement elle les met en valeur.
Méditatif de comptoir ne serait pas péjoratif. Le voisin s'appelle Fernand, intellectuel africain, réfugié lui aussi. Et Serge le chantre est étonnant. De la dignité on en prend des leçons au restaurant social, un creuset.

Marie
Merci, bien aimé "au loin s'en vont les nuages." dans la dure réalité du quotidien et du chômage , se trouve l'optimisme et l'envie féroce de s'en sortir . Pas de bla..bla.. des mots justes. Dignité et respect et le très beau cadeau de la solidarité au final.


Télérama : ...Kaurismäki s'est fait plus tendre, et surtout plus optimiste. Oui, la vie est cruelle, mais elle est parfois belle, aussi ­ même en Finlande, même aux largués. Pour un peu, l'ironie et la mélancolie s'effaceraient presque, à l'image d'un titre annonçant la couleur (bleue, celle d'un ciel sans nuages). Et si la petite musique nous poursuit avec autant d'insistance, c'est que le cinéaste a su lui faire correspondre un florilège, improbable et jamais illustratif, de chansons de son pays …/.. pour faire danser à ces gens lourds et statiques un lent ballet qui ne doit rien aux excès de vodka et de bière. Cette curieuse osmose donne au mélodrame social la grâce intemporelle d'une comédie musicale...



 (avec notre confirmation en retour).

Tarif pour tous 3,6 euros ( au lieu de 8,6) - tarif social : 2 euros


Rendez-vous à 19h25 devant le Katorza 3 rue Corneille - près du théâtre Graslin
(Entrée à 19h40)
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