mercredi 16 mai à 19h30 Gosses de Tokyo"






Réalisé par Yasujiro Ozu en 1932


Un film drôle et tendre





Résumé
des enfants, mécontents de l'attitude de leurs parents, décident de faire une grève de la faim et de la parole.

Un avis : 
Ce film est un bijou ! Du grand Ozu. Mieux que le remake "Bonjour" quelques années plus tard.

Présentation de Yasujiro Ozu, un cinéaste qui a influencé nombre de réalisateurs.

Commentaires après la séance


Elise :
Merci beaucoup pour cette séance sans parole, ni son : c'était très particulier, mais on était d'autant plus attentif aux expressions des enfants : ils avaient des visages toujours très animés. J'ai trouvé cette famille très attendrissante. Bref, j'ai passé un bon moment. Merci...  

Pascal :
Soirée sympa autour d'un film surprenant mais attachant.

Alain :
Ravi d'avoir partagé ce moment et ce film avec vous - qui nous a permis de redécouvrir Ozu. En particulier sa recherche du bonheur après l'orage.

Michèle :
Une mère à la douce autorité qui a sa place malgré les apparences de servilité; une mère qui coud lentement, plie et déplie un vêtement avec une grâce inoubliable ; la scène des boulettes de riz sur la chaise; les mimiques des enfants et celles du père. La cocasserie et l'émotion, la quiétude malgré une réalité assez âpre et la caméra au ras du tatami vers la fin du film.
Un grand moment de cinéma. Des plans inoubliables comme celui du départ des enfants, seuls la nuit sur le chemin ; et l'image de la mère piquant son aiguille dans la masse de ses cheveux.
Silence et contrastes dans le rythme , tout ce que j'aime quoi...
Ah ; j'oubliais le bonheur indicible de porter des enceintes..un comble pour un film non sonorisé ! Je soupçonne le loup de tendances tortionnaires à moins qu'il n'ait la délicatesse de me faire faire un peu d'exercice afin que mes biceps ne fondent pas totalement. Auquel cas, je le remercie !
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Alain :
La séquence des petits pâtés que la mère apporte aux enfants, qui nous tournent le dos sur leur chaise, est le moment essentiel du film. Avec la façon très sensible que le père a de les approcher, dans un mélange de respect et d'amour. Le climax émotionnel et signifiant du film à mon avis, est ce plan en champ contre champ des deux parents qui regardent leurs enfants avec tendresse, scène de bonheur, d'acceptation de leurs enfants et de la vie telle qu'elle est. Les regardant à distance ce regard abolit l'espace mit entre eux. Autant et bien plus que le geste de la mère. Bonheur que Ozu ensuite ne cessera de rejouer contre ce qui vient le perturber. "L'ordre" la stabilité chez lui ne valent que pour ce bonheur, il n'y pas de soumission à la convention pour la convention, à l'ordre pour l'ordre. On voit à quel point la figure de l'autorité est remise en question, perturbée dans le film à travers les facéties clownesques du père et les petits films du patron. Et il faut passer par le désordre en quelque sorte pour en apprécier la valeur. La pulsation du bonheur et ce qui le rend possible, c'est là que l'on peut effectivement s'y retrouver. Ce bonheur à besoin d'un cadre familial pour exister mais aussi d'un cadre formel pour être montré et joué; un cadre au sens figuré et littéral, qui deviendra époustouflant de précision et de simplicité, à la fois hyper concret et tirant sur l’abstraction. On en voit la genèse dans ce film dans les scènes de la famille réunie en particulier à la fin du film.






1 commentaire:

Anonyme a dit…

La séquence des petits pâtés que la mère apporte aux enfants, qui nous tournent le dos sur leur chaise, est le moment essentiel du film. Avec la façon très sensible que le père a de les approcher, dans un mélange de respect et d'amour. Le climax émtionnel et signifiant du film à mon avis, est ce plan en champ contre champ des deux parents qui regardent leurs enfants avec tendresse, scène de bonheur, d'acceptation de leurs enfants et de la vie telle qu'elle est. Les regardant à distance ce regard abolit l'espace mit entre eux. Autant et bien plus que le geste de la mère. Bonheur que Ozu ensuite ne cessera de rejouer contre ce qui vient le perturber. "L'ordre" la stabilité chez lui ne valent que pour ce bonheur, il n'y pas de soumission à la convention pour la convention, à l'ordre pour l'ordre. On voit à quel point la figure de l'autorité est remise en question, perturbée dans le film à travers les facéties clownesques du père et les petits films du patron. Et il faut passer par le désordre en quelque sorte pour en apprécier la valeur. La pulsation du bonheur et ce qui le rend possible, c'est là que l'on peut effectivement s'y retrouver. Ce bonheur à besoin d'un cadre familial pour exister mais aussi d'un cadre formel pour être montré et joué; un cadre au sens figuré et littéral, qui deviendra époustouflant de précision et de simplicité, à la fois hyper concret et tirant sur l’abstraction. On en voit la genèse dans ce film dans les scènes de la famille réunie en particulier à la fin du film.
Alain