
La Sagesse de l’image s'intéresse à la façon dont chacun s'investit dans les images.
1- la leçon de sagesse
J'ai trouvé indispensable de travailler autour d’une leçon de sagesse que le film nous offre et qu’il revient à chacun d’exprimer en tant qu’être humain. Ce n’est pas une donnée tangible du film, il faut la mettre en évidence. Cette leçon permet de dégager le plan d’existence sur lequel se situe chaque personne à l’occasion du film. Mais on retiendra qu'il s’agit simultanément d’un plan collectif. D'une mise en partage, dans laquelle nous sommes et que pourtant nous découvrons au contact du film. Les images, son récit, la question qu’il nous adresse, nous font rentrer dans cette dimension où nous sommes interpellés sur la même surface existentielle que le monde, les choses, les autres.
C'est une leçon que le film ne délivre qu’à notre contact, qu'il revient à chacun d’exprimer avec ses espérances, et même ses croyances personnelles. Le message est à valeur universelle parce qu’il s’agit d’un plan d’univers. Universalité non pas de principe mais de fait, qui s'établit avec le grain personnel et singulier avec lequel nous entrons dans le récit filmique. Cette leçon de sagesse que nous extrayons du film est proche de son centre gravité objectif : celui de sa construction. Le film consiste dans un problème autour duquel tournent ses évènements et qu’il nous adresse. Pivot de son esthétique à travers son propos dés lors qu’il s’adresse au lecteur sous forme d’une interrogation ouverte.
Nous devons extraire cette sagesse du plan d’immanence construit au contact du film qui concerne aussi bien la personne, le collectif ou le monde. Il nous revient de la dégager du film en le délivrant de tout contenu moralisateur pour en déployer la portée et la puissance. A partir du film, l’espace physique d’énonciation collective du public, dans l’accueil des sensibilités, s’ouvre à la totalité du monde. Et inversement le monde rentre dans l'expression, dans les mots de chacun à propos du film, de façon saillante, dans un cadre paisible. Il y rentre en vérité. Le film a une esthétique qui vient nous prodiguer un savoir de cette nature. Je trouve nécessaire de le soutenir et le mettre en rapport avec le caractère précieux de notre existence.
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2 - De l’éducation à l’image, à l’éducation par l’image.
Contrairement à l’éducation à l’image qui dispense un savoir sur le film, l’animateur et le spectateur qui expriment la leçon de sagesse du film, font résonner le problème du film. Cette résonance a rigoureusement besoin du spectateur avec lequel elle forme une surface universelle et concrète - où peuvent s’accrocher l’ensemble des événements et mettant à égalité toute forme de vie. Ce n’est pas une leçon abstraite. Ce qui fait la différence entre une leçon de sagesse et une leçon de morale c’est l’espace de respiration qu’elle offre. Cette offrande est la dimension d’ouverture du dispositif d’éducation, selon le respect de quatre termes : Le respect du film, le respect du spectateur, le respect de l’intervenant ; enfin le dernier respect qui en constitue le cadre : celui de l’échange. Ce qui est entre nous et qui fait l'ouverture communautaire. Jamais fixée, toujours en devenir
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3- De l'image psychique à l'image matérielle.
Je pars du spectateur, de l'image psychique qu'il a crée, pour venir vérifier ce qui l’étaye dans la construction du film. Cette démarche permet de rentrer dans la qualité de la réception du film. C’est l’aller et le retour de l’image psychique à l’image matérielle qui fonde ma démarche. Dans un deuxième temps le trajet s’inverse : de l’image matérielle vers l’image psychique.
Cette méthode me permet dans un premier temps d’identifier les niveaux sur lequel l’interprétant se situe dans sa lecture et dans son aperception. (Voir plus bas Les huit niveaux de lecture du film). Pour l'amener dans un second temps à la complexité en jeu dans le film. Pour remettre au spectateur, le fait que l'impression de réalité, la fiction, son simulacre, la situation dramatique, la sensation plastique, ou bien la signification qu’il éprouve, sont le résultat d’une construction.
Le découpage en niveaux d’analyse que je propose au public, sert à étayer sa compréhension de l'esthétique du film. Il sert aussi pour les personnes à reconnaître identifiér leur sensibilité. D'abord selon une première typologie (sensations, émotions, pensées). Nous vérifions avec le spectateur qu'il a été plus sensible à l’un ou l’autre des niveaux de la construction du film – ce qui offre aussi bien un indice de sa position, de la qualité de son ouverture à l’autre et au monde.
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4- Les huit niveaux de lecture du film :
| 8 niveaux | Image ------------matérielle | Perception du ------spectateur |
| 1-Enonciation (contexte) | Position du ------ réalisateur | acceptation contestation |
| 2- Signifiation (Métaphore) | Poétique (quel sens) | Donner du sens |
| 3- Récit (narration) | Les étapes (où et quand) | Attente, suspens, curiosité |
| 4- Intrigue (Dramaturgie) | Relations entre les personnages | projection -------identification |
| 5- Registre (traitement) | le traitement le ton | Emotions |
| 6- Style (rhétorique) | Mise en scène démonstration - audiovisuelle | Construire des liens Déduction, ------ Pensée |
| 7- Plasticité (composition) | Equilibre | Sensations visuelles et auditives |
| 8- Technique (socle de base) | Procédés avec quels moyens?(Exem : gros plan) | illusionnisme |
Position du réalisateur : D’où parle-t-il ? Quel discours ? Quel contexte ?
2 - Signification (Métaphore)
"Poétique" du film. Quelles significations sont construites ?
Position du spectateur : Donner du sens aux significations construites dans le film.
Suggestion, évocation, l’implicite. Spécificité.
3 - Récit (Narration)
Les étapes.
Où et quand ?
Attente. Suspens. Curiosité. Déduction.
Schéma actanciel. Étapes cruciales. Décors. Personnages. Actions.
4 - Intrigue Dramaturgie
Relations des personnages.
Quels problèmes, quelles solutions ?
Identification aux personnages.
Attirance ou répulsion. Ambivalence.
Caractérisation du personnage avec les autres. Personnages Principaux et secondaires. Noeuds et dénouement. Paires trio. Schéma actanciel.
5 - Registres Traitement
Le traitement
comédie, drame, satire
Qu’est-ce cela provoque ?
Emotions. Projection dans les situations
La musique est un bon repère. Pluralité et simultanéité des registres.
6 - Style (Rhétorique audiovisuelle)
Mise en scène.
Comment on démontre avec les images sonores et visuelles ?
Construction de liens. Déductions logiques. Pensée. Cognition.
Ce que l’image apprend : symétries oppositions, parallèles
sonores et visuels.
7 - Plasticité composition
Équilibre : Harmonie, Disharmonie. Comment c’est composé ?
Sensations visuelles et auditives.
Beauté ; chocs.
Euphorie/dysphorie.
La composition à l’intérieur du cadre.
Équilibre des formes, de la lumière, des mouvements, du son.
8 - Technique appareil de base
Procédés (ex:gros plan)
Avec quels moyens ?
Illusionnisme. La technique incarne le propos en se masquant.
Position de caméra, axes, mouvements, valeurs de plan. Raccords de plan. Sources sonores etc.
Cette table a pour objectif de s'orienter dans la complexité en jeu dans le film. Elle montre que l’impression de réalité, la situation dramatique, la sensation plastique ou la signification que le spectateur éprouve, sont le résultat d’une construction. Aussi bien celle du sujet que du film.
Alain ARNAUD
Résumé de mon article :
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