mercredi 27 Février à 14h à la maison de quartier Bottière : Les demoiselle et la comédie musicale


Maison de quartier Bottière

Une séance en collaboration avec  Makiz'art  :

 projection : "les demoiselles de Rochefort"
suivie d'une discussion :  sur la comédie musicale







Réalisé par Jacques Demy, 1967 (2h).
 Avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac





 Suivi d'une discussion sur la comédie musicale
Alain Arnaud présente l'innovation de Jacques Demy dans le genre de la comédie musicale
Adrien Selbert met en lien le film de Demy avec le projet de réalisation d'une comédie musicale sur le quartier Bottière.

Discussion après la séance 


Aménie
Super !! J'ai vraiment adoré ce film, que je n'avais jamais vu !  Pas pu rester au débat, mais le film était très bien, merci beaucoup !   

Elise
Je l'avais vu 2 fois, je crois... Mais je ne m'en lasse pas...     C'est un monde tout en couleurs, en musique et en poésie : c'est que du bonheur...    J'apprécie particulièrement la richesse des textes de chansons, avec toujours une foule de détails. Et puis, je pense que ce qui fonctionne dans cette histoire sentimentale, c'est cette idée qu'elle forme des couples devant nous, spectateurs, mais qu'eux ne se rencontreront qu'à la fin. C'est aussi ce qui fait la magie, l'intrigue...  Par contre, je n'avais jusque là pas fait attention au générique, et aujourd'hui, le pont transbordeur, c'est une vrai découverte pour moi... Petite parenthèse : j'ai vu hier soir une interview de l'architecte Nantais qui souhaite refaire le pont transbordeur à Nantes...Moi, ça me fait rêver...  Mais bon...à suivre...  En fait, c'est une histoire totalement improbable, mais qui est suffisamment bien faite pour nous entraîner et nous faire rêver.  Encore une très belle évasion...Ensoleillée en plus...    Et le retour à la réalité grise de ce soir, est un peu difficile. Mille fois merci pour le film et pour les partages qui ont suivi et qui sont autant de richesses, de découvertes...

Alain
Ce sont les ruptures aussi bien que les "fondus" de situations qui sont aussi bien musicaux, qui m'ont intéressé. Par exemple la façon dont le piano classique du cours de danse s’introduit en douceur dans l'air musical des forains à la fin de leur première chorégraphie sur la grand place. Sans que nous ne sachions d'où ces nouvelles notes viennent, nous sommes visuellement emportés à la suite de Georges Chakiris que nous suivons en travelling avant, tandis que la caméra s'élève progressivement. Le personnage monte sur une échelle et installe une guirlande, mais la caméra le dépasse passe - on ne sait comment - par dessus la guirlande, et les notes du piano distinctes, sont maintenant dominantes, nous découvrons le cours de danse, nous rentrons dans l'univers des deux soeurs jumelles par la fenêtre. Il s'agit d'un tricotage généralisé des différentes matières et niveau du film : La fusion des rythmes aussi bien que les histoires de couples imbriquées de façon très spéciales. Ces histoires répondant  les unes avec les autres comme autant de questions qui nous sont adressées sur le registre de la comédie, en sujet grave dans le fond,  l'air de pas y toucher, entre frustration, déception, idéalisation, coup de foudre et meurtre (ou amour passion). Un fondu entre la réalité-trivialité-quotidienne et la poésie-sublimation incroyable qui en ressort : en phrases délicieuses ou en jeux de mots ; en danse, musique, couleurs et mouvements de caméra.  Rimes dramatiques, visuelles, colorées, chorégraphiques verbales jusqu'à l'alexandrin - et musicales qui mènent leur destin, comme les personnages. Une joute en harmonie. Une figure de style qui à mon avis est un signe de la réussite du film : le coule forain-ville. Les forains à l'évidence sont la métonymie de l'équipe de cinéma qui s'installe à Rochefort, s'empare de la ville, obtient le consentement des habitants. Une rencontre, un mariage. Rochefort est  inséparable de son film.

Elise
 Et la panique du petit chien, dans la salle obscure en début de séance, effrayé justement par ce grand écran de lumière : il m'a fait pitié le pauvre...     
Sa présence...  ...Un mystère pour moi...  Cela dit, il nous a donné ces impressions lui aussi...   Mais, pour revenir au film, je suis d'accord, toutes les techniques, les jeux de caméras, les musiques entremêlées, c'est du beau travail et ça fonctionne parce que justement on ne les voit pas, on ne s'en rend pas compte sur le coup : ce sont elles qui créent la magie, qui nous transportent dans l'histoire. Il n'empêche que, dans un deuxième temps, l'analyse est très intéressante pour apprécier et découvrir le film différemment...        

Alain
Le roquet n'aimait pas Chakiris  (facile ! ça vaut bien le : "je vais en perm à nantes !! de Maxence "


Elise
oui bien sur, ou encore " Monsieur Dame"...C'est facile mais ça fait rire... 
Il y avait des réactions parmi nous à chacune des répliques... 

Alain
C'est sacrément joli : j'adore ce côté merveilleux chez Demy, ouvert, candide, innocent, enfant. Le chien dans le fond cachait sa joie; si nous avions eu le décodeur, il nous disait peut-être : you what ? I'm happy!!     

Martine
Je confirme -sacrément joli- un bonheur contagieux.

Elise
 Ah non, alors là, pour le coup, c'est vraiment trop facile ! Je ne suis pas d'accord !    Dans ce cas là, on peut lui faire dire ce que l'on veut, au toutou...      Et pour ce qu'il en a vu, du film, en plus... 
J'ai eu aussi un faible pour le personnage de la maman : tout le monde est constamment en mouvement et elle, elle est le point d'ancrage, une présence sur...

Elise
Oups Martine, tu as réagi avant que j'envoie ma réponse... Mais je suis d'accord, c'est contagieux et ça fait du bien... ça donne la pêche... 

Alain
Hum bien vu pour la mère !!!
on en rêverait des mères un peu givrées comme celle qui refuse un mari pour cause de son nom, s'invente une aventure mexicaine, rêve de Pacifique. Si c'était la mienne, mon père aurait tété Stéphane Hessel, je serai blonde ou rousse, j'aurai une soeur je jouerai de la trompette ou du piano, je porterai un peau d'âne plutôt que de loup !  Et c'est ça qui est chouette au cinéma, leur faire dire ce qu'on veut.
Danielle Darrieux toujours parmi nous, 95 ans, la seule vraie chanteuse du film de Demy les autres c'est du play-back même Gene Kelly, ce n'est pas sa vraie voix. Un sacrée actrice citée par Ken (ex star-shooter) dans l'une de ses chansons à texte, à moins que cela ne soit aussi Léo ferré ?
En tant qu'actrice elle a franchit 9 décennies depuis 1931 jusqu'à la notre des 2010. Et je la trouvai plus actuelle dans les derniers temps, qu'à ses origines.

Martine
Je savais que Danielle Darrieux avait une belle voix, mais savoir que c'était elle qui chantait dans le film, m'enchante encore davantage. Magnifique cette jolie madame Dame.
Atterrissons, dans la grisaille nantaise. Plouf!



Alain
Grisaille nantaise d'aujourd'hui, d'hier aussi - que Jacques Demy a largement sublimé dans ses Films - on essaiera de passer "Lola" son premier long métrage matrice des suivants tourné à Nantes.
J'ajouterai que la fusion musicale d'un univers dans un autre, ce glissement ou ce passage qui commence avec le pont transbordeur dès le générique entre réalité et rêve, ne me semble pas si éloigné d'un motif "transgenre" dont les bottines blanches des danseurs donnent une idée. Je le dis en regard de son film "Lady Oscar" un personnage de femme travesti en homme. Et du fait que Demy voulait repeindre en rose le pont transbordeur de Rochefort. Monsieur Dame entre dans ce motif bien entendu. Et c'est intéressant qu'il ait choisi un homme d'spect viril, Piccoli, pour le porter, dont l'identité ne souffre pas le doute. Demy (la moitiè) se hausse ainsi au niveau de la gémellité d'un grand petit (Piccoli).

Michèle
Chers amis, vos commentaires illuminent mon après-midi.   C'est comme si j'y étais allée, à cette séance. Michèle; in the mood for love ; singing under the clouds !!!!  

Alain
Les bottines blanches qui réunissent les danseurs et les danseuses sont celles des contes, des bottines de Petit Poucet rêveur éveillé. Le motif blanc dans la séquence du pas de deux, dans la rencontre de Andy Gene Kelly) le musicien américain et de Solange (F.Dorléac) la pianiste française est aussi une manière pour Demy de "doubler" de façon lumineuse en pleine lumière, ou de danser avec la comédie de Vicente Minnelli "Un américain à Paris"(la séquence est en, effet le pastiche de la danse de Gene Kelly (peintre au lieu de musicien) avec Leslie Caron qui se passe la nuit dans une ambiance sombre sur les quais de la Seine - tandis qu'ici c'est un américain à Rochefort en pleine lumière et blancheur). La fusion des deux continents c'est celle de la variété française et du jazz américain : le réalisateur Demy et Michel Legrand, forment un autre couple, d’autres jumeaux, dont les jumelles aussi bien que les deux forains sont entre autres les représentants.
Il y a de la polysémie dans ce film. La conception, l'écriture, la réalisation, la production, le tournage, l'aventure du film s'imbriquant dans son propos. 
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