Mercredi 20 juin 19h30 Maison de Quartier Bottière : "C.r.a.z.y"


Après le baroque de "Faux-semblant", Philippe nous présente de la folie douce, une comédie québecoise, vos "chums" y sont par conséquent les bienvenus.

film de Jean-Marc Vallee 2006

C.R.A.Z.Y  
Durée : 2h09

Résumé :
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons. C'est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d'un petit garçon puis d'un jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu'à renier sa nature profonde pour attirer l'attention de son père.

Commentaires des participants après la séance à Bottière.:
Marisol :
Merci pour cette belle projection j ai beaucoup aime et aussi merci Philippe pour le choix du film et aux organisateurs.

Alain
Oui moi aussi j'ai bien aimé. J'avais quelques préoccupations externes au départ qui m’empêchaient de rentrer dans le film. Et puis il a fini par opérer son charme. Merci Philippe Encore !!!

Philippe
Je t'en prie Alain , je suis content de faire partager ce genre de films qui n'ont pas une couverture médiatique importante. Tant mieux si tu as beaucoup aimée Marisol.... A une prochaine séance, qui j'espère sera aussi appréciée.

Martine
Complètement déstabilisée par le sujet du film ; je venais me détendre avec l' a priori d'un film léger, drôle et sans préjugés, comme savent le faire les canadiens.
La scène charnière (celle de l'enfant âgé 7 ans, surpris "déguisé" par son père) m'a alertée ; et oui, je m'étais plantée... je devais faire un effort d'adaptation.
Film sérieux et douloureux : un humain à la recherche de sa Vérité et de son bonheur , sur fond d'oppression affichée ou larvée de tout ordre. C'est à Jérusalem -symbolique du SOI, du Centre - qu'il SE rencontrera puis reviendra au Canada ET se fera aimer des siens .. sans préjugés. Le tout baigné dans les Pink Floyd (ouahhh!) et la belle voix de la chanteuse qui interprète CRAZY, sans oublier "j'avais 20 ans" qui vient scander immuablement les moments cruciaux de la famille.
Nous avons eu la chance d'avoir des jeunes dans la salle, je croise les doigts qu'ile reviennent en nombre.
Merci Philippe pour tes choix de films.
Martine (l'ancêtre).

Michèle :
J'ai beaucoup aimé ce film mais, vous devez commencer à me connaître, j'envisage toujours tout sous deux aspects différents ...peut-être est-ce dû à mon signe astrologique gémeaux ?? Ou bien à une dualité issue de mon enfance sans prise en charge psy ???
Ce film est noir malgré son humour dans la caricature qui m'a fait beaucoup rire.
Je me suis endormie en pensant à Zach et aux difficultés de devenir ce que l'on est vraiment.
J'ai pensé aux conformismes familiaux, si lourds à porter au point qu'il faut parfois ruer dans les brancards ; fuir pour se trouver et s'affirmer enfin.
Pour des raisons personnelles, le désert, la musique et les affres de l'adolescence m'ont beaucoup touchée.
Le titre des Cure que j'aimais tant à l'époque est issu du 1er album " Three Imaginary Boys" sorti en 1979. Il y avait une reprise de Hendrix ' Foxy Lady".
J'avais 23 ans et allais bientôt mettre au monde un garçon et ça ne m'empêchait pas de sauter comme une dingue sur ce titre que je faisais hurler..
Vous avez vu la fin " C.R.A.Z.Y " , ce que ça signifie ?
J'ai énormément apprécié que de jeunes adultes soient avec nous, vous l'avez peut-être remarqué . J'aimerais bien qu'ils reviennent aussi et pourquoi pas, qu'ils nous proposent des films.
Merci Philippe, cher vélocinoque
Michèle

Alain
Mais le film en est aussi l'histoire des restes . C'est l'avantage en avançant en âge d'avoir des restes plus beaux que ceux dont nous héritons. C'est ce que nous montre ce film. Quoique je me sois interrogé sur le consensus familial au final. Où tout le monde étant terrible il devient beau et gentil.
Je suis okay avec l'idée de Michèle que c'est un film de genre. Mais pas éculé. Qu'on y réfléchisse, qu'est ce qui fait la différence avec par exemple" Radio days" de Woody allen, "Amarcord" de Fellini, "Fanny et Alexandre" de Bergman ? Toto le héros de van dormael. Ou encore plus proche de nous "Gosses de Tokyo" et les films de Ozu. Pas seulement en moins, mais en plus, dans sa spécificité. Par exemple sur le registre : l'ironie, la comédie, le drame. Et dans la mise en scène la façon dont le trait est dessiné, le trait du caricaturiste.
Dans ces films la musique y est centrale. Souvent le chant. Le personnage est masculin. Le regard est au final assez tendre et humaniste. Mais quelquefois terrible ou acerbe. Le père est un personnage de clown souvent, un pantin macho, maladroit et un peu brutal, riidicule. On y vit de ruse, d'arrangement. Et en montre le délire du chef de famille comme du milieu familial (ici le titre le dit). Souvent l'art, l'activité artistique y a sa place.

Ce qui me paraît intéressant dans Crazy c'est l'histoire de la mise à l'écart du personnage central par le reste de la famille, par la fratrie et le père sauf la mère. C'est ce qui
lui donne l'air de rien et sous la dérision, sans doute une dimension un peu tragique.
               
Martine :   
Ah! mais oui Alain. Je n'avais pas fait le rapprochement entre les goûts musicaux du père et nos restes. Merci pour tes éclairages.

Michèle
Ce qui marque, c'est que la parole de Zac est inaudible. D'ailleurs, il n'exprime pas; il ne peut pas parler, il est muet en quelque sorte. Il soliloque, utilise la pensée magique. Même avec sa mère, la conversation est silencieuse; ils communiquent en pensées ( elle qui se réveille pour le pipi au lit à la colo ou qui s'asperge d'eau quand il se déshydrate dans le désert).
Merci pour le rappel des titres qui m'échappaient hier. Je pense du coup à "8 miles" avec Eminem et à " la famille Tennenbaum".
Je pense que quel que soit le paysage; le milieu familial; dans ce genre de film il y a toujours quelque chose qui nous touche, nous met face à certaines expériences et certains souvenirs. Je pense à une constante : la nourriture, les repas omniprésents dans ces films.. La scène des boulettes de riz dans Ozu; d'autres repas chez Woody Allen...
j'ai cru voir hier que CRAZY était aussi les premières lettres de chacun des noms des protagonistes, mais ai-je halluciné ? Ce qui n'est pas impossible !

Alain
La belette est un animal observateur. Et Michèle aussi.
Dans l'ordre de leur âge il me semble :
C.hristian, R.aymond, A.ntoine, Z.achary, Y.van  . Ce qui explique effectivement les Point entre les lettres du titres : initiales des prénoms des 5 enfants.
Que Zac soit muet pour un film qui laisse une part que j'ai trouvée parfois pénible à la voix off est-ce un gag, un sketch ? plutôt une mise en scène volontaire justement du silence. Et à part Antonioni et Bergman qui sait mettre en scène le silence intérieur : la solitude l'isolement ? Jean-Marc Vallee a trouvé une solution pour en "parler" de manière bruyante : en musique, en voix off et en situations fantasmatiques. Cela en rend-il suffisamment compte ? J'ai aimé cette inconsistance justement du personnage, comme un creux, un défaut, même quand il s’affirme à la façon d'un simulacre (de macho, d'hétéro, de charmeur, de beau mec, de star ou de timide, de faux-fils ou de faux-frère, etc.. .
A la fois beaucoup trop et pas assez. En plein et en creux. Vais-je trop loin. Nous ne l'avons vu qu'une fois..

Michèle
Pour le mutisme de Zac; c'est peut-être un habile procédé tendant à montrer que dans le tumulte et le brouhaha d'une famille nombreuse, il lui reste peu de place pour une véritable expression au sens d'être et au sens de s'exprimer oralement ?
Ce qui rejoindrait l'idée que le lieu idéal pour s'épanouir n'est pas le cercle familial et les personnes idéales pour se confier ne sont ses ses membres les plus proches. Va savoir ???
Bon, pour l'observation au sujet de CRAZY, je suis rassurée; je peux retourner dans les bois jouer à shotgun avec mes copains

Vincent
Vive la différence!
Vincent

Elise
Un film touchant, qui m'a marqué de part son thème : comment vivre la différence, sa différence et celle des autres, de nos proches. Et puis, les réactions des autres, le regard des autres... C'est pas facile et ça complique toujours la vie. D'ou l'importance pour moi de ne jamais juger et de toujours essayer de comprendre, essayer de regarder sans apriori... Je ne dis pas que c'est évident : loin de là... mais j'essaie...
Et puis, il y a autre chose qui m'a marqué : c'est la présence de la voiture : dans les rapports père/fils, ou entre jeunes... Et la scène, qui revient à plusieurs reprise je crois, du lavage de la voiture : je fait peut-être une erreur, mais je ne pense pas qu'aujourd'hui l'on attache une aussi grande importance à ce véhicule. Cela vient sans doute de l'époque...
Sinon, pour moi, la famille c'est un abri, une protection, mais je suis d'accord, Michèle, ce n'est certainement pas le lieu où l'on s'épanouit le mieux.
Un grand merci à tous pour ces échanges très riches...
Merci Philippe pour ce très beau film qui m'a fait passée du rire à l'inquiétude.
A très bientôt à tous j'espère
Elise.

Alain
"Ce qui me fait penser à ce poème de Verlaine, un barde de la différence, qui a eu aussi quelques problèmes avec son orientation et sa vie avec les femmes.
"Je suis venu, calme orphelin
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
A vingt ans un trouble nouveau,
Sous le nom d'amoureuses flammes,
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard."


Philippe  Je suis très satisfait de vos réactions, ce film a touché, interpellé par tous les thèmes abordés, je ne rajouterais rien à ce que vous avez dit mercredi soir ou écrit aujourd'hui. Le réalisateur ne juge pas ses personnages, le film est ni manichéen, ni moralisateur.
Je voudrais juste ajouter que l'interprétation est exceptionnelle, et la B.O. indémodable "Floyd" "Stones" "Bowie" et "Aznavour" entres autres.   A une prochaine !

Elise
Non, bien sur, le film n'est pas moralisateur, c'est surement aussi pour cela qu'il est si beau, si touchant. Mais je trouve que la société actuelle, elle, l'est encore, beaucoup trop. Deux amies vivent une différence : l'une est musulmane voilée et l'autre est homosexuel : et bien, c'est un combat au quotidien : pour elles comme pour leur proches...Bon, je m'égare, et je doit aller bosser Bonne journée à tous et à bientôt.

Martine :
Dernier commentaire de l'ancêtre du groupe : j'ai toujours rêvé de vivre dans une famille nombreuse... Merci Philippe et les autres.

Commentaire du réalisateur :
"Comme j'approchais les 40 ans et que je n'étais toujours pas satisfait, je me suis mis à écrire le scénario dont je rêvais, pour me combler en tant qu'homme et cinéaste. J'ai beaucoup pensé à Frank Capra et à son film "La vie est belle" . Ils sont plutôt rares les films qui me procurent cette sensation de bonheur intense, mais il y en a toujours quelques-uns, chaque année, qui me rappellent aussi que c'est le genre de films que j'aimerais faire, que je dois faire, ne serait-ce qu'une seule fois dans mon humble carrière". Jean-Marc Vallee



Critique presse : ICI



ccès Maison de quartier Bottière :
salle "Projet" au rez-de-chaussée à gauche à l'entrée. (ouverture à 19h20)

(à l’angle de la rue du croissant et n°127 de la route de Ste Luce, on ne peux pas manquer le grand bâtiment en bois).
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Tram ligne 1 Arrêt Souillarderie.

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: tel 02 51 13 67 15    ou  06 58 76 69 05
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