Ciné-débat à la Maison de quartier Bottière Mercredi 21 Mars 19h30


Un film proposé et présenté par Michèle Robert,
présidente de La Sagesse de l'image
.
Melancholia   
Réalisé par Lars von Trier 2011 (2h 10min)
Avec  John Hurt, Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg


Débat : la fin de quel monde ?

   

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Marie

Merci pour cette soirée si intéressante et plaisante. je serais volontiers inscrite sur votre liste d'invitation.


Michèle


J'ai été ravie de partager ce film avec vous tous. 
J'ai aimé nos échanges et les silences aussi
Je n'ai rien à dire ou plutôt tant à dire sur ce film, qui m'a une nouvelle fois bouleversée, que je ne m'étendrai pas.
Justine n'est pas folle, elle est en plein dans la vie.
Elle sait et ce qui fait sa force et sa fragilité.


Brigitte

Merci pour la découverte de ce lieu,de ce film qui ne laisse pas indifférent ,de ce partage.
En effet, j'ai continué ,à la façon de Michèle, à décortiquer les personnages et imaginer notre fin du monde sans mélancolie.
Avec du recul, je n'ai pas trouvé Justine si "folle",seulement une femme,le jour de son mariage avec ses doutes .Bien sûr , des excès, très amplifiés et qui donnent des "débordements" face aux bien-pensant. Et finalement c'est elle qui avait raison d'écouter son cœur, de "claquer" son patron ainsi car nous ne sommes "rien" que de la poussière sur cette terre .
Au regard de la physique quantique ,il ne nous reste plus qu'à nous tenir la main . 
Bonne journée sur cette belle terre.





Alain
Melancholia n'est pas sans rapport avec la parole de L'Ecclésiaste : "tout n'est que poussière etc" : dont j'ai appris il n'y a pas longtemps qu'elle était très mal traduite. Elle ne serait pas une condamnation morale de la vanité. Mais l'affirmation au contraire de l'impermanence. Cette parole indique de nous rendre attentif à ce qui est - plutôt qu'à le condamner parce que périssable.

On est pas obligé d'être d'accord avec le propos du film (qui est je trouve assez "ouvert"). Une figure que j'ai aimé c'est cette image de la danse de la mort, (des deux planètes : Terre et Melancolia). Que Claire découvre (ironie) sur Internet. Et dont elle n'arrive pas à imprimer sur papier l'image à cause d'une panne d'électricité. (une allégorie de la vérité qui advient).

Autre chose : la première partie se situe clairement à notre époque dans notre Monde. Alors que la deuxième notre Monde semble à l'approche de la planète s'effacer avant même qu'il ne disparaisse). Quelqu'un (Pierrette je crois), a noté l’effacement des couleurs puis leur retour au moment de la fusion finale. Ce retour de la couleur on peut peut-être lui donné effectivement le sens d'une espérance. Un univers possible au-delà du Monde.

A propos de l'expression de ton expression "décortiquer un film " :

Nous ne décortiquons pas le film ou ses personnages après le film : au contraire nous les épaississons, les remettons dans une complexité. Notre but n'est pas de les rendre transparents mais de les approfondir. En même temps que nous épaississons la perception, la sensation, l'émotion que nous ressentons - ou le sens (et l’interrogation qui va avec) que nous donnons - nous nous approfondissons nous-mêmes en le faisant . Formule magique : Le partage que nous en faisons démultiplie cet approfondissement.

Martine
 
Film étrange et attachant.
2 destins de sœurs à qui ils ne restent que 2 jours à vivre avant que la planète Melancholia ne réduise la Terre à néant. 2 jours, de transformation radicale, pour l'une et l'autre. L'une vit dans le chaos, habitée par un imaginaire dévorant, l'autre rigidifiée par la réalité, unies néanmoins par l'amour d'un enfant, elles se rejoindront, en Vérite ET dans l'Amour véritable avant le chaos planétaire. Oui, comme l'Ecclésiaste, "le temps du présent est un don dont il faut jouir dans l'instant lorsque le passé est déjà mort et que l'avenir n'est pas encore certain. Un instant qui devient éternité. Tel est selon lui l'espace de l'homme" (D.Duigou, "vanité des vanités". Allez à tantôt, carpe diem.

Elise

Merci à tous de ces échanges très riches, très intéressants. Moi, j'ai été marqué par l'ambiance en Huit Clos : on est embarqué dans cette propriété, avec ces personnages, sans avoir aucun lien avec l'extérieur (ou alors de manière anecdotique : les scientifiques dont parle le père par exemple). c'est un isolement impressionnant : pas de radio, pas de télé, pas internet, mais le téléphone : une fois seulement je crois. Alors qu'aujourd'hui, n'importe quel événement est relayé par les médias, là rien : ils sont seuls au monde face à la mort. Et c'est d'autant plus angoissant. (même les gens du village d'à coté, ils sont absents).
Je pourrais en dire encore beaucoup, mais je vais m'arrêter là...
Merci encore et à bientôt j'espère,


Alain

On a encore envie de parler et on s'arrête comme si quelque chose était contenu : c'est pour moi une définition de la poésie. Dans le film le monde (des gens) s'efface progressivement et l'univers se lève. C'est aussi la conclusion à laquelle je suis arrivé en regardant les artistes de l'art brut. Fous ou pas fous, dans leur délire ils se connectent avec l'univers. L'enjeu est de le faire partager (la cabane de branches).
 J'avais hâte de partager ce film avec vous. Merci Michèle de nous l'avoir fait découvrir.


Michèle

Je dis juste une petite chose en passant, ils sont branchés sur internet. Claire ne peux pas imprimer totalement les infos au sujet de Melancholia parce qu'il y une coupure d'électricité. Léo parle de Melancholia à Justine, il lui montre la trajectoire sur l'écran de son ordinateur portable. Mais c'est vrai que le sentiment d'oppression vient aussi de cette situation d'isolement.

Ce matin, sur le chemin en allant au travail, j'ai vu une dame ramassant du petit bois. Moment fugace mais qui restera, je le sais, gravé dans ma mémoire. Je l'ai regardée. J'ai souri et je suis repartie, nez en l'air, le coeur content. Il y avait le bois, la nature, cette femme avec qui j'ai partagé quelque chose sans rien dire. il y avait le ciel que j'aime tellement. Rien à voir avec le film ?
Rien à voir avec les propos de Alain et la phrase de Martine ???
Hum; je suis loin d'en être convaincue !

Pour finir :
" Sors , Marche , Crève , Baise. Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme. Lâche ces notions, si ce sont des notions. Rien ne vaut la peine de rien"    Léo Ferré
Michèle, qui nage confortablement dans l'inconfortable ! Ah , elle ne peut pas s'empêcher les pirouettes la belette !


  Alain
J'aime beaucoup Ferré en tant que chanteur poète, moins en tant que maître - pour un anarchiste c'est  contradictoire. La seule morale valable à mes yeux est celle des paradoxes. Melancolia nous place dans cette dimension du paradoxe : il nous le fait éprouver physiquement et spirituellement. - le vrai paradoxe est incarné. Par exemple celui-ci : si tout passe, la vie mérite-t-elle d'être vécue ? Si tout passe, rien n'a d'importance, "il n'y a plus rien" - d'où la dépression de Justine - elle qui fait de ce "rien" un slogan publicitaire face au monde du "marché" de la consommation). Et pourtant paradoxalement tout en a de l'importance  : la moindre des choses justement.


 Melancholia n'est pas sans rapport avec la parole de L'Ecclésiaste : "tout n'est que poussière etc" : dont j'ai appris il n'y a pas longtemps qu'elle était très mal traduite. Elle ne serait pas une condamnation morale de la vanité. Mais l'affirmation au contraire de l'impermanence. Cette parole indique de nous rendre attentif à ce qui est - plutôt qu'à le condamner parce que périssable.

    On est pas obligé d'être d'accord avec le propos du film (qui est cependant  assez "ouvert"). Une figure que j'ai aimée c'est cette image de la danse de la mort, celle des deux planètes, Terre et Melancolia. Que Claire découvre (ironie) sur Internet. Et dont elle n'arrive pas à imprimer sur papier l'image à cause d'une panne d'électricité (une allégorie de la vérité qui n'advient que partielle de façon semi-cachée et par raté- ).

  
Brigitte

    Décidément un film qui m'inspire . Voici une interprétation personnelle de ce fameux pont.
    En premier, c'est Claire qui franchi ce pont. Une Claire dans le contrôle, sur son cheval (d'ailleurs,il n'avait pas de nom)et faisant qu'un avec elle .Sous total contrôle.Pas de place à l'instinct.
    Puis Justine arrive avec son cheval  Abraham  (personnage biblique). Celui-ci  refuse l'obstacle. Son instinct est là et lui dit qu'en dehors de ce pont, il y a le village, les autres et les informations, les peurs. La "sombritude" de la forêt.
    L'extérieur du domaine est un monde hostile. Comme l'extérieur de cette dynamique familiale, l'extérieur de soi .
    La fois d'après, Justine se bat , frappe son cheval , veut contrôler l'instinct. En vain.
    Puis c'est au tour de Claire : refus de ce passage vers l'autre et elle accède , à ce moment là à son instinct , sa profondeur, ses peurs. Elle lâche le contrôle .
    Sans arrêt un chassé-croisé entre les deux monde : l'imaginaire , l'émotion pure et le contrôle, la raison.
    Un aller retour entre nos deux hémisphères! Le pont n'est que le lien entre les deux. Plus basiquement, le lien avec l'information, l'extérieur, les autres. Le lien est partiel et fragile : petit père s'en va, l'imprimante ne fonctionne plus...

Alain 

    Dans Melancholia Justine délire mais elle est extralucide. Ses rêves se réalisent, trouvent une correspondance dans le réel.
    Je reste avec ces 3 signifiants : un paysage magnifique le long de la Loire le fleuve et l'espace puissants. Puis Melancolia planète géante, s'approchant du film d'hier soir. Enfin un rêve : celui d'un tsunami apocalyptique - la mer se retirait on voyait le fond. Une vague géante s'est écrasée. Le monde a vacillé, nous n'avons pas péri. Une digue géante nous protégeait dans les hauteurs. Les aux puissantes ont claqué : On étaient muets, mouillés et en vie.

    Ce qui m’impressionne dans ces images c'est le gigantisme et la puissance des phénomènes, à côté desquels nous sommes des fourmis.
    Encore une image que j'ai bien aimée : celle du pain de viande dont l'odeur semble ramener Justine à la vie, qui a pourtant un goût de cendre.
    Ces derniers temps j'ai remplacé la métaphore par l'allégorie. Un mouvement irrésistible. Pourvu que la métaphore revienne (l'invention, l'ouverture du sens et pas seulement la traduction imagée du réel).
    Peut-on résister au décors idéologique de notre époque sans déni de réalité ?

Michèle

    Je suis d'accord avec Alain au sujet de Léo ferré. Le paradoxe est bien présent; il a été érigé en tant que maître contre son gré et refusait de l'être. Mais c'est vrai,qu'il a eu une période pendant laquelle il utilisait les injonctions, comme des mots d'ordre. Ces injonctions, il était facile de les interpréter comme des mots d'ordre effectivement mais il était aussi possible et facile de les prendre comme des pistes de réflexion et j'aimais assez cet aspect-là. La confrontation de ses points de vue etc avec les miens ; tout était ouvert et le reste à mon avis.
    Cette référence au texte "Il n' y a plus rien" est issue des méandres de mes pensées et à ce que le film évoque. Il n'y a plus rien, vraiment ? Ou bien il n'y a jamais rien eu ? Qu'est-ce que la fin ? Que signifie " rien" ? Quel cet abîme sublime dans lequel se plonge avec douleurs et délices Justine ? Est-ce vraiment l'abîme ? ...

Michèle

    Je reviens sur le commentaire de Brigitte au sujet du pont car elle évoque «Petit père ». Je rebondis sur l'isolement des personnages. Le château sur un promontoire, comme une ancienne citadelle. Le golf de 18 trous, comme un labyrinthe. Le lac sans ponton, sans bateau pour aller voir plus loin, ailleurs ; donc. Le château gigantesque et sombre dans lequel on pourrait se perdre. Le village qui est sans substance, juste un outil pour aller chercher de quoi se nourrir, de quoi se donner la mort et où on a trouvé un domestique plein de bonne volonté surnommé affectueusement " Petit père" mais dont personne ne s'est jamais soucié de l'existence réelle en dehors du périmètre du château et de sa fonction servile. Le seul jour où il ne vient pas, personne ne peut dire qui il est véritablement, ce qu’est sa « vraie vie » et s'il a de la famille. Ce qui me frappe ; c’est que c’est Justine ; celle qui est « hors la vie » qui apporte la vie au sein du château et pour ses habitants. Par son mariage d’abord ; vu le nombre des invités et par sa venue pendant sa dépression, car elle apporte comme une diversion. Son neveu Léo l’appelle tante « Steelbreaker » pas "tante Justine". Étonnant, non ?



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5 commentaires:

Alain A. a dit…

Melancholia n'est pas sans rapport avec la parole de L'Ecclésiaste : "tout n'est que poussière etc" : dont j'ai appris il n'y a pas longtemps qu'elle était très mal traduite. Elle ne serait pas une condamnation morale de la vanité. Mais l'affirmation au contraire de l'impermanence. Cette parole indique de nous rendre attentif à ce qui est - plutôt qu'à le condamner parce que périssable.

On est pas obligé d'être d'accord avec le propos du film (qui est je trouve assez "ouvert"). Une figure que j'ai aimé c'est cette image de la danse de la mort, (des deux planètes : Terre et Melancolia). Que Claire découvre (ironie) sur Internet. Et dont elle n'arrive pas à imprimer sur papier l'image à cause d'une panne d'électricité. (une allégorie de la vérité qui advient).

Autre chose : la première partie se situe clairement à notre époque dans notre Monde. Alors que la deuxième notre Monde semble à l'approche de la planète s'effacer avant même qu'il ne disparaisse).
Quelqu'un (Pierrette je crois), a noté l’effacement des couleurs puis leur retour au moment de la fusion finale. Ce retour de la couleur on peut peut-être lui donné effectivement le sens d'une espérance. Un univers possible au-delà du Monde.

A propos de l'expression de ton expression "décortiquer un film " :

Nous ne décortiquons pas le film ou ses personnages après le film : au contraire nous les épaississons, les remettons dans une complexité. Notre but n'est pas de les rendre transparents mais de les approfondir. En même temps que nous épaississons la perception, la sensation, l'émotion que nous ressentons - ou le sens (et l’interrogation qui va avec) que nous donnons - nous nous approfondissons nous-mêmes en le faisant . Formule magique : Le partage que nous en faisons démultiplie cet approfondissement.

Lelou a dit…

Dans Melancholia Justine délire mais elle est extralucide. Ses rêves se réalisent, trouvent une correspondance dans le réel.

Je reste avec ces 3 signifiants : un paysage magnifique le long de la Loire le fleuve et l'espace puissants. Puis Melancolia planète géante, s'approchant du film d'hier soir. Enfin un rêve : celui d'un tsunami apocalyptique - la mer se retirait on voyait le fond. Une vague géante s'est écrasée. Le monde a vacillé, nous n'avons pas péri. Une digue géante nous protégeait dans les hauteurs. Les aux puissantes ont claqué : On étaient muets, mouillés et en vie.

Ce qui m’impressionne dans ces images c'est le gigantisme et la puissance des phénomènes, à côté desquels nous sommes des fourmis.

Encore une image que j'ai bien aimée : celle du pain de viande dont l'odeur semble ramener Justine à la vie, qui a pourtant un goût de cendre.

Ces derniers temps j'ai remplacé la métaphore par l'allégorie. Un mouvement irrésistible. Pourvu que la métaphore revienne (l'invention, l'ouverture du sens et pas seulement la traduction imagée du réel).

Peut-on résister au décors idéologique de notre époque sans déni de réalité ?

brigitte a dit…

Décidément un film qui m'inspire .Une interprétation personnelle de ce fameux pont .
En premier ,c'est Claire qui franchi ce pont.Une Claire dans le contrôle ,sur son cheval (d'ailleurs,il n'avait pas de nom)et faisant qu'un avec elle .Sous total contrôle.Pas de place à l'instinct.
Puis Justine arrive avec Abraham(personnage biblique).Lui ,refuse l'obstacle .Son instinct est là et lui dit qu'en dehors de ce pont ,il y a le village,les autres et les informations ,les peurs .La sombritude de la forêt;
L'extérieur du domaine est un monde hostile .Comme l'extérieur de cette dynamique familiale,l'extérieur de soi .
La fois d'après ,Justine se bat ,frappe son cheval ,veut contrôler l'instinct.En vain.
Puis c'est au tour de Claire :refus de ce passage vers l'autre et elle accède ,à ce moment là à son instinct ,sa profondeur,ses peurs.Elle lâche le contrôle .
Sans arrêt un chassé-croisé entre les deux monde:l'imaginaire ,l'émotion pure et le contrôle,la raison.
Un aller retour entre nos deux hémisphères!Le pont n'est que le lien entre les deux .Plus basiquement,le lien avec l'information,l'extérieur,les autres .Le lien est partiel et fragile :petit père s'en va,l'imprimante ne fonctionne plus...

Michèle Robert a dit…

Je suis d'accord avec Alain au sujet de Léo ferré. Le paradoxe est bien présent; il a été érigé en tant que maître contre son gré et refusait de l'être. Mais c'est vrai,qu'il a eu une période pendant laquelle il utilisait les injonctions, comme des mots d'ordre. Ces injonctions, il était facile de les interpréter comme des mots d'ordre effectivement mais il était aussi possible et facile de les prendre comme des pistes de réflexion et j'aimais assez cet aspect-là. La confrontation de ses points de vue etc avec les miens ; tout était ouvert et le reste à mon avis.
Cette référence au texte "Il n' y a plus rien" est issue des méandres de mes pensées et à ce que le film évoque. Il n'y a plus rien, vraiment ? Ou bien il n'y a jamais rien eu ? Qu'est-ce que la fin ? Que signifie " rien" ? Quel cet abîme sublime dans lequel se plonge avec douleurs et délices Justine ? Est-ce vraiment l'abîme ? ...

Michèle Robert a dit…

Je reviens sur le commentaire de Brigitte au sujet du pont car elle évoque «petit père ». Je rebondis sur l'isolement des personnages. Le château sur un promontoire, comme une ancienne citadelle. Le golf de 18 trous, comme un labyrinthe. Le lac sans ponton, sans bateau pour aller voir plus loin, ailleurs ; donc. Le château gigantesque et sombre dans lequel on pourrait se perdre. Le village qui est sans substance, juste un outil pour aller chercher de quoi se nourrir, de quoi se donner la mort et où on a trouvé un domestique plein de bonne volonté surnommé affectueusement " petit père" mais dont personne ne s'est jamais soucié de l'existence réelle en dehors du périmètre du château et de sa fonction servile. Le seul jour où il ne vient pas, personne ne peut dire qui il est véritablement, ce qu’est sa « vraie vie » et s'il a de la famille. Ce qui me frappe ; c’est que c’est Justine ; celle qui est « hors la vie » qui apporte la vie au sein du château et pour ses habitants. Par son mariage d’abord ; vu le nombre des invités et par sa venue pendant sa dépression, car elle apporte comme une diversion. Son neveu Léo l’appelle tante « steelbraker » pas tante Justine. Etonnant, non ?